Le Front national fait son entrée à Sciences Po

Sciences-Po accueillera désormais une antenne du Front national. Source: Reuters
Sciences-Po accueillera désormais une antenne du Front national.

Le parti dirigé par Marine Le Pen a réussi son pari et devient officiellement une association reconnue de Sciences Po, la prestigieuse école.

David Masson-Weyl a réussi son pari. Sciences Po, la grande école parisienne va désormais avoir son antenne du Front national. Contrairement aux autres principaux partis politiques français, le FN n'était en effet pas implanté dans l'institution de la rue Saint-Guillaume. C'est désormais chose faite, après que l'association FN a récolté les 120 voix nécessaires à son existence, ce jeudi. Un succès pour David Masson Weyl, à l'origine de cette création, et qui expliquait en août à RT qu'une antenne FN «participerait du débat démocratique, compte-tenu de notre poids dans la société».

Depuis ce matin, donc, c'est officiel. Les 10 000 étudiants de la prestigieuse école étaient appelés aux urnes, afin d'apporter leur parrainage à l'association de leur choix. Et il fallait 120 voix pour qu'une association soit reconnue. Il n'aura fallu au FN que quelques heures pour y parvenir. Seul le groupe Les Républicains a en effet été plus vite homologué. La section du Parti socialiste ou du Front de gauche auront dû attendre un peu plus longtemps, malgré l'image de gauche de l'institution. «Un événement», a estimé sur Twitter Florian Philippot, le numéro 2 du parti d'extrême droite. 

Marine Le Pen aussi a, sur Twitter, félicité l'arrivée de cette antenne du FN à Sciences Po. «Le FN fait une entrée fracassante à Sciences Po directement 2ème force politique devant le PS ! Bravo aux étudiants ! MLP», a tweeté la patronne du FN. Sauf que comme son numéro 2, Marine Le Pen va un peu vite en besogne. S'il a bien été le deuxième à être reconnu, le FN n'est pas forcément le deuxième parti politique représenté à Sciences Po. Les étudiants peuvent en effet voter jusqu'au 4 octobre, et surtout, les votes ne seront pas comptabilisés après les 120 premiers, nécessaires à la création d'une antenne. Impossible donc, d'affirmer que le FN est le deuxième parti à Sciences Po. Juste que ces militants FN ont été très rapides à se mobiliser.

Reste que cette entrée du FN à Sciences Po a tout de même une forte portée symbolique quand on sait que parmi les anciens élèves de l'école, on compte ainsi quelques présidents de la République, dont Georges Pompidou, François Mitterrand, Jacques Chirac et François Hollande. Le tout entre aussi, reconnaissait David Masson-Weyl fin aout, dans la stratégie de dédiabolisation du FN : «C'est la preuve que nous sommes entrés dans une nouvelle phase de la dédiabolisation du Front national. Nous montrons ainsi qu'on peut être jeune, diplômé, être à Sciences-Po et voter pour le Front national». 

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