France

Gestion de l'épidémie : les plaintes contre les ministres et les décideurs se multiplient

Plusieurs dizaines de plaintes ont été déposées contre différents ministres, dont Edouard Philippe et Olivier Véran, remettant en cause leur gestion de l'épidémie de coronavirus. L'exécutif, dont les membres assurent «bosser comme des fous», s'agace.

61 plaintes contre des ministres et des décideurs publics ont déjà été déposées auprès de la Cour de justice de la République (CJR) «en rapport avec l’épidémie de coronavirus», révèle Mediapart le 7 mai, venant confirmer et mettre à jour une enquête publiée par 20 Minutes le 5 mai.

Selon le site d'information, ces plaintes émanent de catégories socio-professionnelles différentes allant des médecins aux détenus malades du Covid-19, en passant par les infirmiers, policiers, aides-soignants, associations, syndicats ou encore parents de victimes. La plupart des plaintes pointent la «mise en danger de la vie d’autrui».

Selon les informations de 20 Minutes, la majorité d'entre elles vise le Premier ministre Edouard Philippe et le ministre de la Santé, Olivier Véran. Mais d’autres ministres sont aussi dans le viseur tels Nicole Belloubet (Justice), Muriel Pénicaud (Travail) ou encore Christophe Castaner (Intérieur). La CJR, seule instance habilitée à juger ces responsables politiques, n'aurait d’ailleurs «jamais connu pareille activité», selon le quotidien gratuit.

Cette crise sanitaire vient se greffer à une crise sociale qui était déjà bien présente

Du côté du gouvernement, sans surprise, ces plaintes agacent d'autant plus que d'aucuns estiment «bosser comme des fous» et rappellent que la crise sanitaire n’est pas terminée. «Aujourd’hui, on est dans le temps de l’action, on ne pense pas à ça», répond ainsi une conseillère de Nicole Belloubet, citée par 20 Minutes. Même avis à Matignon. «Si certains veulent réclamer des comptes alors qu’on bosse comme des fous, qu’ils le fassent ! Les Français jugeront sur pièces», s'irrite un proche d'Edouard Philippe, cité par la même source.

20 Minutes rapporte que le nombre de plaintes contre les décideurs a été multiplié par dix en l’espace de six semaines. Pour Patrick Pelloux, président de l’Association des médecins urgentistes de France, cité par le même média, «cette crise sanitaire vient se greffer à une crise sociale qui était déjà bien présente», faisant allusion au mouvement des Gilets jaunes. «Après des semaines dans la rue pour rien, la voie judiciaire apparaît aujourd’hui comme le seul moyen de protester», ajoute-t-il.

Concernant la suite à donner à ces plaintes, elle risque d'être longue et il apparaît peu probable qu'elles aboutissent à des procès. «Impossible de dire maintenant si toutes les plaintes déposées seront recevables et instruites», précise au quotidien Laurence Vichnievsky, ancienne juge d’instruction qui siège aujourd’hui à la CJR.