France

Liberté d’informer : la presse présidentielle accuse l'Elysée de mettre à l'écart les journalistes

Alors que les relations entre la presse et Emmanuel Macron sont houleuses depuis le début du quinquennat, l'Association de la presse présidentielle déplore une dégradation de la couverture des déplacements présidentiels.

La liberté d'informer autour des déplacements du président de la République pourrait-elle être remise en cause en cette période de crise sanitaire ? C'est une question que soulève un récent communiqué de l'Association de la presse présidentielle (APP). Celle-ci met en garde la présidence contre «une dégradation, inédite dans un quinquennat, de la couverture des déplacements» du chef de l'Etat, qui entretient depuis son élection des relations parfois tendues avec le monde journalistique.

Moins que jamais, la communication du pouvoir ne peut tenir lieu d’information des citoyens

«Ces dernières semaines, à plusieurs reprises, les équipes de l’Elysée ont [...] empêché ou interrompu des journalistes lors de prises de vue ou de sons lors d’échanges du chef de l’État», s'inquiètent les auteurs du communiqué de l'APP, publié le 9 avril.

«Cette crise sanitaire est une épreuve pour la démocratie. Moins que jamais, la communication du pouvoir ne peut tenir lieu d’information des citoyens», peut-on encore lire dans ce texte, rédigé à l'issue du récent déplacement d'Emmanuel Macron à l'hôpital du Kremlin-Bicêtre, dans le Val-de-Marne.

Une inquiétude dont d'autres voix au sein de la profession se sont fait l'écho. En témoigne une publication de la journaliste de Mediapart Ellen Salvi, parue le soir même, qui dénonce le fait que des journalistes aient été «écartés» de récents déplacements présidentiels. «Pratique. Pas très liberté de la presse, mais pratique», commente-t-elle sur Twitter.

En tout état de cause, le communiqué de l'APP a reçu le soutien d'organisations syndicales représentatives de la profession, à l'image du SNJ, qui a remercié l'association pour «une salutaire mise au point», ou encore du SNJ-CGT, qui a affirmé apporter tout son soutien à l'APP.

L'épisode n'est pas sans rappeler le tri des journalistes lors de déplacements présidentiels, qui avait été dénoncé par la presse en 2017, ou le blacklistage assumé de journalistes de RT en salle de presse de l'Elysée.