Après des agressions, des vigiles escortent les soignants de l'hôpital Lariboisière à Paris

Après des agressions, des vigiles escortent les soignants de l'hôpital Lariboisière à Paris© Thomas Samson Source: AFP
L'hôpital Lariboisière, à Paris.

La direction de l'hôpital Lariboisière, dans le Xe arrondissement de Paris, a recruté des gardes du corps pour accompagner jusqu'aux transports son personnel, harcelé par les toxicomanes du quartier de Gare du Nord.

Certains soignants de l'hôpital Lariboisière se plaignaient d'être agressés, verbalement ou physiquement, par des individus errant dans ce quartier du nord-est parisien. Ils pourront désormais, s'ils le souhaitent, être raccompagnés jusqu'aux stations de métro ou aux gares, de 18h à 22h, par des agents de sécurité embauchés par la direction de l'établissement de santé.

Le quartier, de l'avis de nombreux riverains, est devenu un point de fixation de la toxicomanie et de la vente de drogue. Dans un reportage de BFM TV, plusieurs soignants se disent rassurés par la présence des agents de sécurité recrutés à cet effet. Dans les rues d'ordinaire animées, vidées par le confinement, les soignants représentent des cibles pour les toxicomanes livrés à eux-mêmes, présents en nombre inhabituel.

En effet, l'épidémie a occasionné la fermeture de nombreuses structures d'accueil pour les consommateurs de drogues de Paris. Ils affluent désormais autour de la salle de consommation de drogues à moindre risque du quartier, appelée aussi «salle de shoot», dont l'accueil a été maintenu. Faire la manche ne fonctionnant plus à cause du manque de passants, ce public aux abois devient plus agressif.


Alexandra Cordebard, la maire du Xe arrondissement, s'est félicitée que l'APHP ait décidé d'avoir recours à ces agents de sécurité.

Cependant la syndicaliste et policière Linda Kebbab, déléguée nationale Unité SGP Police FO, s'est indignée de cette situation sur Twitter. Elle a rappelé que les riverains se plaignaient à longueur d'année de l'insécurité du quartier mais qu'aucun policier supplémentaire n'avait été affecté a la zone depuis l'ouverture de la salle de consommation à moindre risque.

De nombreux riverains se sont également offusqués de ce curieux transfert de compétences au secteur privé, accusant les pouvoirs publics et la municipalité d'abandonner la zone. Depuis quelques jours, voisins et collectifs du quartier se plaignent sur Twitter de l'état de déliquescence des abords de l'hôpital. Toxicomanes s'injectant de la drogue au pied des immeubles, attroupés en dépit des règles sanitaires, circulant à proximité des soignant, jetant des immondices : ce triste spectacle est diffusé sur les réseaux sociaux.

Anne Souyris, adjointe à la Santé de la maire de Paris Anne Hidalgo, a reconnu dans le quotidien Le Parisien le 29 mars que la situation était «dramatique». Selon l'élue, plusieurs centres d'accueil de toxicomanes vont rouvrir et des chambres d'hôtels leur seront attribuées.

Lire aussi : Covid-19 : le Conseil d'Etat rejette toutes les requêtes de syndicats de soignants

Raconter l'actualité

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans les commentaires sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

En cliquant sur chaque option, vous pouvez contrôler l'activation ou la désactivation du dépôt des cookies et de la création des profils : le bandeau de couleur indique si le dépôt de cookies et la création de profils sont autorisés (vert) ou refusés (rouge). Les cookies techniques (cookies de session, d'authentification et de sécurité) sont indispensables au bon fonctionnement de nos services et ne peuvent être désactivés.
OK

Ce site utilise des cookies.

En poursuivant votre navigation, vous acceptez l'utilisation, de la part de RT France et de tiers, de cookies et autres traceurs à des fins de mesure d'audience, partage avec les réseaux sociaux, personnalisation des contenus, profilage et publicité ciblée. Pour paramétrer l’utilisation des cookies veuillez accéder dans la rubrique «Paramétrer vos choix» et pour plus d’informations, nous vous invitons à consulter la rubrique «Politique de Confidentialité»