Le portable de Steve Maia Caniço «bornait au moment de l'intervention policière»

- Avec AFP

Le portable de Steve Maia Caniço «bornait au moment de l'intervention policière»© Sebastien SALOM-GOMIS Source: AFP
Installation en mémoire de Steve Maia Caniço le 6 septembre sur la place Royale à Nantes (image d'illustration).

Selon l'AFP, le téléphone du jeune animateur mort à Nantes dans la nuit du 21 juin et dont le corps a été retrouvé dans la Loire, bornait à 4h33 au moment de l'intervention policière. Une information absente du rapport de l'IGPN.

Le téléphone de Steve Maia Caniço, mort le soir de la Fête de la musique à Nantes, «bornait au moment de l'intervention policière», ont affirmé le 10 octobre à l'AFP des sources proches de l'enquête, confirmant une information du Canard Enchaîné.

Dans son rapport administratif daté de juillet sur l’intervention policière controversée, l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) écrivait que le «téléphone déclenchait un relais téléphonique à 3h16», soit plus d'une heure avant l'action des forces de l'ordre, mais n'avait pas fait mention d'un bornage plus tard dans la nuit. Un «relais» peut se déclencher quand un appel est passé ou quand un sms est envoyé et il est visible sur un relevé téléphonique. Le «bornage» est émis quand le téléphone est allumé et se connecte à une antenne relais, une «borne».

Selon le Canard enchaîné, le dernier bornage de son téléphone a été relevé à 4h33 sur le Quai Wilson, là où les forces de l'ordre avaient utilisé gaz lacrymogènes et lanceurs de balle de défense. Le corps sans vie de cet animateur de 24 ans avait été retrouvé le 29 juillet dans la Loire après quelque cinq semaines de recherche.

Le lendemain, le Premier ministre Edouard Philippe avait fait valoir que le rapport de l'IGPN n'établissait «pas de lien» entre l'intervention policière et la disparition du jeune homme. «On ne peut pas dire que Steve serait tombé à l'eau du fait de l'intervention de la police. On ne peut pas dire qu'il est tombé en dehors de l'intervention non plus», avait alors déclaré à l'AFP un cadre de l'IGPN qui renvoyait vers «l'enquête judiciaire».

Face aux critiques contre le rapport de l'IGPN, l'Intérieur avait saisi fin juillet l'Inspection générale de l'administration (IGA), l'organe de contrôle du ministère, «pour comprendre les conditions de l'organisation» de la Fête de la musique à Nantes. Ses conclusions sont attendues au plus tard le 15 septembre.

Le syndicat policier ViGi, qui appelle régulièrement à la dissolution de l'IGPN a déclaré sur Twitter : «Selon l'IGPN, son téléphone n'émettait plus au moment de l’intervention policière. Selon la PJ [police judiciaire], si. Pour des enquêtes conformes à La Vérité et non à la vérité voulue par Edouard Philippe et Christophe Castaner, nous demandons un contrôle externe.»

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