Castaner dénonce de «faux experts»... et convie un journaliste coupable de fake news à son séminaire

Castaner dénonce de «faux experts»... et convie un journaliste coupable de fake news à son séminaire© LUDOVIC MARIN / AFP
Christohe Castaner.
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Soucieux de redorer son blason alors que la gestion du mouvement des Gilets jaunes a fait des dizaines de blessés, le ministre de l'Intérieur organise un séminaire de travail. Parmi les experts, Georges Brenier juge que «le système fonctionne bien».

Georges Brenier : ce nom ne vous dit peut-être rien, et pourtant. En janvier, ce journaliste proclamait ouvertement une fake news à une heure de grande écoute, sur le plateau du JT de TF1. Il se réjouissait alors qu'il n'y ait pas eu de bavure, ni de blessé grave dans le cadre de la gestion du mouvement des Gilets jaunes par les forces de l'ordre. Ce 17 juin, il est convié parmi la dizaine d'«experts invités» à un séminaire sur le maintien de l'ordre convoqué par le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, soucieux de redorer l'image de son ministère alors que les cas de blessés graves (pouvant aller jusqu'à la mutilation dans certains cas) se comptent par dizaines.

Georges Brenier, un «faux expert» ?

En qualité de «journaliste spécialiste police-justice de TF1», Georges Brenier pourra donc intervenir lors de cet événement visant, selon les termes de Christophe Castaner, à réviser le «schéma national d'ordre public».

Faille dans le casting ? Sur les réseaux sociaux, le ministre de l'Intérieur, soucieux d'exemplarité, était en tout cas catégorique. «En matière de sécurité, il y a trop de faux experts ; les vrais, ce sont les policiers, les gendarmes et les citoyens», proclamait-il. Mais quels critères Christophe Castaner choisit-il pour désigner un «vrai» expert ? Mystère. Car Georges Brenier n'est pas exactement réputé pour sa rigueur factuelle...

Vraie fake news

Le 10 janvier 2019, Georges Brenier intervenait ainsi en qualité d'expert au 20h de TF1. «Depuis le début du mouvement des Gilets jaunes, 64 enquêtes judiciaires au total ont été ouvertes», remarquait-il. 

Alors que plusieurs dizaines de personnes ont déjà, à cette date, été gravement blessées en manifestant avec les Gilets jaunes (certains ayant perdu l'usage d'un œil), et que des dizaines de vidéos sur les réseaux sociaux documentent ces violences, l'expert de TF1 se lance dans une analyse à même de faire trémuler Beauvau : «64 c'est peu et c'est beaucoup a la fois. Peu d'abord parce que, vue la violence inouïe des casseurs, il n'y a pas eu, à première vue en tout cas, de bavure. Pas de mort, pas de blessé grave. Et de l'avis de tous les experts, c'est la preuve de beaucoup de sang-froid et de maîtrise.»

«Cela montre en fait surtout que le système fonctionne bien», affirmait encore celui qui participera à la réforme du système de maintien de l'ordre.

Au regard des dissonances de voix qu'elle convie, la place Beauvau semble donc vouloir prendre de gros risques. Les médecins, spécialistes de l'ONU (dont la Haut-Commissaire aux droits de l'homme, Michelle Bachelet, réclamait pourtant une enquête pour «usage excessif de la force») et autres citoyens lambda n'ont eux pas été conviés. Ils ne sont probablement pas de «vrais experts», selon les critères du ministre de l'Intérieur.

Lire aussi : Gilets jaunes : malgré les blessés, Nunez n'a «pas de regret» sur la gestion de l'ordre public

Louis Maréchal

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