Un adolescent menacé de mort après une blague sur le pèlerinage à La Mecque

Un adolescent menacé de mort après une blague sur le pèlerinage à La Mecque© Zohra Bensemra Source: Reuters
Les pèlerins musulmans tournent autour de la Kaaba et prient à la Grande mosquée avant le pèlerinage annuel du Hadj dans la ville sainte de La Mecque, en Arabie Saoudite, le 16 août 2018 (image d'illustration).

Un lycéen âgé de 15 ans est la cible de menaces de mort après avoir ironisé sous une photographie montrant des fidèles musulmans effectuer le pèlerinage à La Mecque. Certains internautes auraient même communiqué l'adresse de son école.

Hugo, un lycéen de 15 ans, a été victime ce 14 avril d'un torrent d'insultes et de menaces de mort après avoir publié sur Twitter une photographie de fidèles musulmans effectuant le rite de la circumambulation autour de la Kaaba (lieu le plus sacré du culte musulman située au cœur de la Grande mosquée), dans le cadre du pèlerinage à La Mecque. «Ptdr y’a du monde à InZeBoite», a écrit avec ironie le lycéen en commentaire de la photographie, faisant référence à un jeu télévisé français diffusé sur la chaîne pour enfant Gulli et dans lequel s’affrontent des familles.

Selon certains internautes, l'adresse de l'établissement où serait scolarisé l'adolescent aurait même été divulguée. Dépassé par les événements, Hugo présente alors ses excuses et prie les internautes appelant à l'agresser voire le tuer de le «laisser en vie». Peine perdue, les réactions violentes ont continué de plus belle.

Face à cette déferlante de haine, de nombreux internautes lui ont apporté alors son soutien et dans la foulée un mot-dièse a été créé : #JeSoutiensHugo. 

Les faits signalés aux enquêteurs de la plateforme Pharos 

L'émotion suscitée sur le réseau social est telle qu'elle a très vite fait réagir la Secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, Marlène Schiappa : «La France est une République laïque où chacun peut critiquer et se moquer des religions sans être menacé de mort pour cela ! Le blasphème n'existe pas. En revanche, le cyber-harcèlement en meute est puni depuis cet été par la loi», a-t-elle écrit accompagnant son tweet de #JeSoutiensHugo. Saisie, la police a annoncé que «les faits [avaient] été signalés aux enquêteurs de la plateforme Phraos» du ministère de l'Intérieur permettant de signaler les contenus suspects ou illicites susceptibles notamment de faire l'objet d'une procédure judiciaire.

Selon le ministère de l'Intérieur, en 2018, près de 3 101 signalements de contenus illicites ont été reçus en moyenne par semaine sur la plateforme PHAROS.

Lire aussi : Cinq suspects arrêtés après le viol en réunion de Toulouse diffusé sur Twitter

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