Des parlementaires appellent Hollande à sauver l'honneur de la France et livrer les Mistral à Moscou

Les bateaux «Mistral» dans le port de Saint-Nazaire.© Stephane Mahe Source: Reuters
Les bateaux «Mistral» dans le port de Saint-Nazaire.

Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, et Thierry Mariani, député des Français de l’étranger, ont adressé une lettre ouverte à François Hollande lui demandant de livrer les Mistral à la Russie, évoquant une «question d’honneur».

Alors que François Hollande s’apprête à prendre une décision définitive sur la livraison des Mistral (Bâtiment de projection et de commandement ou BPC) que la Russie a commandés à la France il y a maintenant quatre ans, Nicolas Dupont-Aignan et Thierry Mariani ont appelé le président à faire le bon choix, afin que la France «redevienne un grand pays fier de ses savoir-faire, de son indépendance et fidèle à son Histoire».

Dans une lettre publiée sur le site Atlantico, les deux hommes ont égrainé la liste de leurs arguments en commençant toutes leurs phrases de la même façon : «si vous décidiez de ne pas livrer ces bateaux…». Nicolas Dupont-Aignant et Thierry Mariani ont également expliqué pourquoi à leurs yeux, il s’agissait d’une question d’honneur.

S’appuyant sur la relation «multiséculaire» qu’entretient la France avec la Russie, «notre alliée au cours des deux guerres mondiales» et «partenaire naturel et incontournable pour étouffer ce brasier du Proche-Orient qui nous menace», les deux hommes politiques ont rappelé les retombées économiques très bénéfiques pour le port de Saint-Nazaire provenant de la construction des Mistral, véritable preuve de la volonté de la Russie d’entretenir une coopération élargie avec la France.

Selon les deux hommes, ce contrat de 1,2 milliard d'euros est «une remarquable réussite industrielle» qui a permis à «des dizaines d’entreprises françaises et russes de coopérer harmonieusement et efficacement».

Mais ils ont également souligné que si les bateaux n’étaient pas livrés, la France «le paierait demain ou après-demain» car «un milliard à l’exportation, ce sont des milliers d'emplois hautement qualifiés, si précieux dans un contexte de chômage endémique».

Les deux hommes expliquent dans leur tribune que la parole de la France ne devrait pas pouvoir «être remise en cause en cas de pression internationale».

Ils ont ajouté par ailleurs, que c’était «(...)bien le gouvernement de Kiev qui bloque le volet politique de Minsk 2», ces bateaux ne changeant «strictement rien à l’équilibre des forces». Il estiment en outre que leur livraison, ou non, n’aura «pas la moindre influence sur les positions de la diplomatie russe».

Les deux députés ont déploré, en cas de non-livraison, que la France «casse ce qui a été construit (...) aux frais du contribuable français».

Thierry Mariani et Nicolas Dupont Aignan ont également rappelé au président de la République son absence à Moscou aux (pour les) cérémonies du 70ème anniversaire de la Victoire sur le nazisme «pour laquelle le peuple russe a sacrifié plus de 25 millions des siens». Une absence qu’ils considèrent comme une faute politique car tout en refusant une coopération avec la Russie, François Hollande vend des armes offensives «à des régimes obscurantistes qui nourrissent idéologiquement et matériellement le terrorisme».

En conclusion, les deux hommes ont cité le Général de Gaulle qui avait solennellement déclaré : «Pour la France et la Russie, être unies, c’est être fortes, être désunies, c’est être en danger».

Hier, dans un communiqué, le numéro deux du Front National, Florian Philippot, avait qualifié la non-livraison des Mistral de «faute historique de François Hollande» :

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