France

Emmanuel Macron sur Vladimir Poutine : «Il intervient partout pour fragiliser nos démocraties»

Avant de se rendre à Washington le 23 avril dans le cadre d’une visite d’Etat, Emmanuel Macron a accordé une interview à Fox News au cours de laquelle il a, entre autres, dressé un portrait sévère de Vladimir Poutine.

Au cours d’une interview donnée à Fox News et diffusée le 22 avril, le président de la République française a livré sa vision sur différents dossiers relatifs à la situation internationale. Sous les ors de l’Elysée, Emmanuel Macron qui entame une visite d’Etat le 23 avril aux Etats-Unis, s’est notamment exprimé sur sa relation avec Vladimir Poutine, ainsi que sur la situation actuelle en Syrie. 

Alors que les tensions entre les occidentaux et la Russie ont atteint un niveau sans précédent, le président français n’a pas hésité à critiquer son homologue russe. S’il l'a certes qualifié d’homme «fort» et «intelligent», il a averti que les Occidentaux ne devaient jamais se «montrer faibles» face à lui : «Quand vous êtes faibles, il s'en sert.»

Dans cette même veine, Emmanuel Macron a par ailleurs accusé Vladimir Poutine de s’ingérer dans les affaires de plusieurs pays européens et des Etats-Unis : «Il intervient partout, je veux dire en Europe et aux Etats-Unis, pour fragiliser nos démocraties. Parce qu'il pense que c'est bon pour son pays.» Poursuivant son argumentaire, Emmanuel Macron a estimé que Vladimir Poutine était «extrêmement dur avec les minorités et avec ses adversaires». Par ailleurs, il a souligné qu’il ne partageait pas la même «idée de la démocratie» que le président russe. 

Après la victoire contre l'Etat islamique, «une nouvelle Syrie» 

Objet d’une profonde divergence entre Paris et Moscou, le conflit syrien a également été abordé. Désormais engagé militairement en Syrie aux côtés des Etats-Unis, la France entend faire du départ du président syrien une priorité. «Si nous nous retirons totalement et définitivement, nous laisserons la place au régime iranien, à Bachar el-Assad et à ces types, et ils prépareront une nouvelle guerre», a asséné le chef de l’Etat français. Appelant de ses vœux à la construction d'«une nouvelle Syrie» après la victoire contre l'Etat islamique, il a en outre assuré que l’ensemble des pays de la région, y compris la Russie, auraient «un rôle majeur à jouer pour créer une nouvelle Syrie».

Dans la nuit du 13 au 14 avril, Washington, Paris et Londres ont mis leurs menaces à exécution et ont mené des frappes contre les autorités syriennes, en représailles à une attaque chimique présumée à Douma, que ces pays attribuent à Damas. De son côté, la Russie a affirmé détenir les «preuves irréfutables» de la mise en scène de cette supposée attaque chimique dans la Ghouta orientale et appelé à une large coopération internationale pour poursuivre les efforts dans la mise en place d'opérations humanitaires dans le pays. 

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