Vidéo d’une femme violemment battue : quand Twitter fait pression pour retrouver les coupables

Vidéo d’une femme violemment battue : quand Twitter fait pression pour retrouver les coupables
Vidéo de l'agression d'une femme par son partenaire à coups de ceinture
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L’Amicale des jeunes du refuge, association qui avait dénoncé sur Twitter la brigade «anti trav», a cette fois mis en ligne une vidéo de femme battue pour «alerter l’opinion publique», selon Mehdi Aifa, son directeur, interrogé par RT France.

La vidéo d'une femme, frappée à coups de ceinture, qui circule actuellement sur Twitter, a beaucoup choqué Mehdi Aifa, le directeur de l’association L’Amicale des jeunes du refuge. C'est pourquoi il a décidé de la mettre en ligne sur le compte Twitter de son association, afin que la popularité donnée à ces images puisse permettre d’arrêter les coupables, dont il livre les prénoms, audibles dans le document vidéo.

L’Amicale est d'ordinaire vouée au combat LGBT d’entraide, de solidarité et de lutte contre l’homophobie. Mais Mehdi Aifa estime que «les violences faites aux femmes concernent tout le monde, car on a tous une sœur, une cousine, une mère». «Un des grands sujets du gouvernement est la lutte contre les violences faites aux femmes, nous avons souhaité mettre un coup de projecteur sur une réalité, sur ce qu’il se passe vraiment. Les images et les vidéos frappent les esprits différemment. Nous souhaitons alerter l’opinion publique», explique le militant. Il a interpellé Marlène Schiappa, la secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes, dans son tweet.

La scène est filmée sur un terrain vague, de nuit. On y voit un homme parlementer avec une femme avec laquelle il semble avoir une relation, la scène étant filmée par un ami dans la lumière des phares d'une voiture. Très vite, les coups de ceinture pleuvent, alors que la jeune femme hurle de douleur, demande pardon et supplie d’arrêter. La raison des coups : elle serait venue au domicile de cet individu sans son autorisation, alors que d’autres connaissances s’y trouvaient. Il souhaite donc la corriger pour qu’elle ne vienne plus «sonner». Après l’avoir frappée au visage et à terre avec sa ceinture, il lui demande si elle va recommencer. Elle répond en pleurs que non et il déclare «c’est bon».

Suite à l’avalanche de réactions suscitées par cette vidéo retweetée plus de 1800 fois, la gendarmerie a depuis déclaré sur Twitter que la vidéo lui avait été transmise et que les services spécialisés allaient enquêter pour identifier les coupables.

Par cette initiative, Mehdi Aifa a souhaité faire avancer les choses : «Je voyais cette vidéo tourner sur Twitter, accompagnée de nombreux commentaires de soutien aux agresseurs, qui disaient "Voilà comment on dresse une femme". Je me suis dit que je ne voulais pas laisser cette victime en pâture aux internautes. Et je l'ai fait dans l’optique qu’on puisse identifier les auteurs et que cela mobilise l’opinion publique.»

Mehdi Aifa avait, le 28 mars, déjà mis en ligne une vidéo de violences afin d'identifier des auteurs d’agressions, celle de l'autoproclamée brigade «anti-trav», qui sévissait sur les travestis dans le XVIIe arrondissement de Paris. Le retentissement de la mise en ligne avait été fort et efficace : un gang de 15 personnes s’est fait interpeller en flagrant délit en avril alors qu’il attaquait d’autres travestis. «On m'avait fait le reproche d’avoir posté cette vidéo. Mais avant cela, lorsque je m’étais rendu au commissariat, on m’avait dit : "Vous êtes victime ?" Et on m’avait pris de haut», explique le directeur de l'Amicale des jeunes du refuge. «On m'a dit aussi que je devais signaler la vidéo à Pharos, la plateforme dédiée à l'identification. Mais ils sont en sous-effectif et reçoivent des dizaines de milliers de vidéos, donc ça prendra un temps fou», estime-t-il.

Mehdi Aifa alerte également sur la prise en charge par la police des femmes victimes de violences, qu’il n'estime pas toujours adaptée, avis partagé par l’association le Groupe F qui s'est mise en campagne pour dénoncer les accueils inadaptés au commissariat. «Il arrive que les policiers prennent les plaintes avec détachement ou ajoutent de la violence à la peine qu’éprouve la femme battue. L’accueil des policiers doit être revu en profondeur. Ils ne connaissent pas forcément les textes de loi et on ne renvoie pas une femme chez elle, quand elle est tuméfiée, par exemple», conclut-il. 

Lire aussi : «Votre fille se comporte comme une pute» : le fiasco du dépôt de plainte pour violences sexuelles

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