France

Hollande sur Macron : «Il a créé une entreprise ; il entend la mener le plus loin possible»

L'ancien président français François Hollande publie ce 11 avril Les leçons du pouvoir où il revient sur son quinquennat. L'ancien chef de l'Etat consacre un chapitre à Emmanuel Macron, un homme qui «ne s'inscrit pas dans l'histoire de la gauche».

Dans Les leçons du pouvoir, ouvrage à paraître ce 11 avril, l'ancien locataire de l'Elysée analyse son action politique des cinq dernières années et trace le chemin qu'il souhaite désormais prendre. Regrets, vie privée, leçons pour son engagement politique futur : François Hollande livre son regard sur plusieurs épisodes marquants de son quinquennat. Dans les bonnes feuilles que s'est procuré Le Figaro, il qualifie notamment son successeur Emmanuel Macron d'homme qui «ne s'inscrit pas dans l'histoire de la gauche» et qui «est à son compte».

A la fin de l'été 2016, Emmanuel Macron, qui a fondé son mouvement En marche ! depuis quelques mois, confirme à François Hollande son intention de se présenter à l'élection présidentielle. «Il m'annonce qu'il veut retrouver sa liberté. Je lui demande ce qu'il fera si je me déclare. Il entre dans un développement emberlificoté sur une "offre politique" qui exprime bien plus la gêne que l'ambiguïté. Sa non-réponse en est une», confie François Hollande.

Il est à son compte. Il a créé une entreprise ; il entend la mener le plus loin possible.

Car l'homme dont le parti partage ses initiales veut tracer un sillon en dehors de tous les codes habituels. «Je comprends ce jour-là qu'Emmanuel Macron ne s'inscrit pas dans l'histoire de la gauche, pas davantage dans celle de la social-démocratie, ni même dans une recomposition qui pourrait préfigurer une coalition progressiste. Il est à son compte. Il a créé une entreprise ; il entend la mener le plus loin possible», poursuit l'ancien président.

Nostalgie de la monarchie et louvoiement

François Hollande revient également sur un épisode qui «éclaire bien la pratique du pouvoir qu'[Emmanuel Macron] met en avant depuis son élection». 

Au courant de l'été 2015, le futur président de la République «affirme que la France vit dans une nostalgie implicite de la monarchie, que la disparition du roi a laissé une place vide au sommet de l'Etat», décrit François Hollande. «Je mets cette idée sur le compte de son goût pour les débats d'idées. Pourtant, rétrospectivement, cette dissertation éclaire bien la pratique du pouvoir qu'il met en avant depuis son élection», continue-t-il.

Toujours cette façon de nier l'évidence avec un sourire

Autre anecdote, alors que la France bruisse d'une rumeur qui voudrait qu'Emmanuel Macron annonce sa candidature à la présidentielle lors d'une réunion publique à la Mutualité, François Hollande reçoit ce message : «Mes soutiens diront demain que le 12 [juillet 2016] ne sert ni à démissionner ni à annoncer ma candidature. Grotesque. Bises.»

«[Pourtant,] en présence d'une foule qui scande des "Macron président !", [Emmanuel Macron] s'écrie : "Plus rien n'arrêtera le mouvement de l'espoir. Nous le porterons ensemble jusqu'en 2017 et jusqu'à la victoire !" Le doute n'est plus permis, même s'il m'assure, imperturbable, qu'il n'a pas "personnalisé" la victoire, laquelle pourrait donc être la mienne. Toujours cette façon de nier l'évidence avec un sourire», relate encore François Hollande.

Clin d’œil du destin, Les leçons du pouvoir est publié par la maison d'édition Stock, celle-là même qui publia Un président ne devrait pas dire ça, des journalistes Stéphane Davet et Fabrice Lhomme, livre-recueil polémique des confidences de François Hollande, qui pour certains observateurs avait précipité sa chute.

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