Antiterrorisme : les policiers désarmés par les vigiles de centres commerciaux ?

Antiterrorisme : les policiers désarmés par les vigiles de centres commerciaux ?© Eric Gaillard Source: Reuters
Un policier en patrouille devant une grande enseigne parisienne, novembre 2015, illustration

Une loi devait permettre aux forces de l'ordre de conserver leurs armes en dehors de leur service afin de prévenir les attaques terroristes, mais les policiers et les gendarmes armés se voient refuser l'accès aux lieux privés accueillant du public.

Malgré un texte promulgué en 2015 permettant aux policiers et gendarmes de rester armés dans l'espace public en dehors de leur service afin de pouvoir agir à tout moment en cas d'attaque terroriste, il ne leur est toujours pas permis de conserver leur arme dans des lieux privés accueillant du public.

Résultat : au moment de passer les portiques de sécurité, les vigiles peuvent demander aux membres des forces de l'ordre de remettre leur arme.

L'amendement que j'avais proposé a été écarté du projet de loi.

Interrogé par le journal Le Figaro, Georges Fenech, ex-député du Rhône, rappelle qu'il avait avancé une solution pour mettre fin à cette situation paradoxale : «L'amendement que j'avais proposé le 30 janvier 2017, pour conférer aux policiers et gendarmes un droit à être armé en tout lieu accueillant du public, a été écarté du projet de loi relatif à la sécurité publique.»

Récemment, un des membres de la garde rapprochée de Gérard Collomb s'est vu interdire l'accès à un centre commercial et le numéro 2 du GIGN n'a pas pu entrer armé au Stade de France. Les douaniers sont également concernés et se disent oubliés par la loi : eux n'ont simplement pas le droit porter leur arme en dehors du service.

C'est insensé lorsqu'on se souvient du drame du Bataclan ou de l'attentat lors du concert d'Ariana Grande à Manchester

La grogne monte doucement du côté des syndicats policiers également : «Plusieurs policiers armés se sont vus refuser l'entrée dans des enceintes sportives ou des salles de spectacle et leur admission dépend du bon vouloir de l'organisateur. C'est insensé lorsqu'on se souvient du drame du Bataclan ou de l'attentat lors du concert d'Ariana Grande à Manchester», a ainsi témoigné le patron de Synergie-officiers, Patrice Ribeiro, auprès du Figaro.

La réaction de Gérard Collomb se fait attendre

A présent, les policiers appellent le législateur à trancher : qui doit avoir le dernier mot ? Un vigile ou un membre des forces de l'ordre ? Selon les informations du quotidien, les services du ministre de l'Intérieur disent avoir bien reçu la requête... Mais la réponse se fait attendre, surtout après la tragédie de Trèbes qui s'est précisément déroulée dans un centre commercial.

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