Éleveurs en colère : la pression maintenue en attendant le plan d'urgence

Les éleveurs en colère bloquent des axes routiers en France.© Pascal Rossignol Source: Reuters
Les éleveurs en colère bloquent des axes routiers en France.

Alors que le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, doit présenter des mesures d'urgence pour venir en aide aux éleveurs, ceux-ci bloquent toujours de nombreux sites et axes en France.

Le Président de la République François Hollande avait annoncé qu'un plan d'urgence serait présenté en conseil des ministres, mercredi 22 juillet. Le rapport du médiateur des prix agricoles, mandaté par le gouvernement pour répondre aux protestations des éleveurs face aux bas prix de leurs produits à la vente, doit être rendu public le même jour. En attendant le détail de ce plan, les éleveurs en colère maintiennent leur pression sur le trafic routier en France.

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La situation n'a pas évolué sur plupart des points de blocage où des tracteurs empêchent la circulation. La rocade de Caen et les accès au Mont Saint-Michel, notamment. Par ailleurs, de nouveaux nœuds routiers ont été pris d'assaut par des tracteurs qui y maintiennent la circulation à l'arrêt. Impossible, par exemple, de passer sur les ponts de Normandie qui enjambent l'estuaire de la Seine. Ceux du Havre, de Tancarville et de Brotonne.

Des ponts ont également été ciblés en Bretagne : le pont de Morlaix dans le Finistère et le pont de l'Iroise, à Brest. La circulation est bloquée dans les deux sens sur la route nationale au niveau de Quimper. Dans le Nord, l'autoroute A1 a été partiellement bloquée près de Lille par 250 à 500 tracteurs.

En savoir plus : L'accès au Mont Saint-Michel bloqué par les éleveurs en colère

La campagne regarde vers Paris

Pour débloquer, au sens propre comme au figuré, la situation, les éleveurs attendent le détail du plan d'urgence présenté en Conseil des ministres, mercredi 22 juillet. D'après le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll, ce plan inclura, entre autre, des allègements de charges et le désendettement des exploitations les plus fragilisées.

Mais le principal sujet de revendication des éleveurs concerne les prix à la vente de leur production, notamment de viande bovine et de lait. Les producteurs accusent les autres acteurs de la filière agricole (les transformateurs, les abattoirs et la grande distribution), de ne pas respecter les accords décidés lors de la table ronde du 17 juin 2015. Des accords, rappelés samedi 18 juillet par François Hollande, qui portent sur une augmentation des prix des produits agricoles de cinq centimes par semaine. Une hausse des prix qui doit permettre aux éleveurs de rentabiliser leur production, ce qui est aujourd'hui impossible, d'après les protagonistes des manifestations.

Parmi eux, la FDSEA le premier syndicat agricole de France, qui est à l'origine du mouvement qui a démarré à Caen, dimanche 19 juillet. Pour son président, Xavier Beulin, les éleveurs attendent «un peu plus que des mesurettes […] mais vraiment un plan à moyen et long terme avec des ambitions, des objectifs». À défaut, le syndicaliste a promis que la «pression [sur les] industriels, coopératives, abatteurs et distributeurs va continuer à s'exercer».

En savoir plus : Le Foll a rencontré les éleveurs, sans les convaincre pour autant, les barrages seront reconduits

Auteur: RT France

Un échec de l'Europe, pour les souverainistes

Cette situation donne du grain à moudre aux eurosceptiques, qui y voient un échec de la politique agricole à l'échelle européenne et de l'ouverture des frontières aux produits étrangers.

Plan d'urgence comparé à la contribution de la France à la PAC
Plan d'urgence comparé à la contribution de la France à la PAC

La Présidente du Front National Marine Le Pen s'est exprimée sur le sujet, dans un communiqué diffusé sur le site de son parti. Pour la député européenne, «La politique agricole de notre pays ne peut plus être sous-traitée à une Union européenne» et «la France doit donc re-nationaliser au plus vite sa politique agricole».

Une ligne protectionniste qui va dans le même sens que celle de Nicolas Dupont-Aignan. Interrogé, mardi 21 juillet, sur BFM TV, le Président du parti souverainiste Debout La République . Celui-ci accuse le manque «prix garanti et [la] concurrence déloyale avec les fameux travailleurs détachés qui sont exploités dans les fermes de l'Est» d'être responsable de la situation des éleveurs. Il reproche aussi aux deux derniers ministres de l'Agriculture, Bruno Le Maire (gouvernement Fillon) et Stéphane Le Foll (gouvernement Valls) d'avoir validé la fin des quotas laitiers en Europe et d'avoir ainsi fragilisé la situation des producteurs de lait. «Ça va être catastrophique mais on ne peut rien faire d'autre parce qu'on obéit à l'Europe», a-t-il affirmé au micro de France Info.

D'autres réactions politiques sont attendues lors de l'annonce des détails du plan d'urgence, à l'issue du Conseil des ministres.

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