La colère des éleveurs gagne l'Eure

Du fumier déposé devant une grande surface de Neubourg par les éleveurs en colère de l'Eure.© Twitter
Du fumier déposé devant une grande surface de Neubourg par les éleveurs en colère de l'Eure.

Après le Calvados, les éleveurs et agriculteurs du département de l'Eure ont bloqué des abattoirs et des grandes surfaces pour dénoncer les prix de vente de leurs produits.

Le mouvement a des effets de contagion. Dans la ville de Neubourg, dans l'Eure, plusieurs dizaines d'éleveurs en colère ont bloqué, lundi 20 juillet, les abattoirs ainsi que trois grandes surfaces. Ce mouvement est précédé de très près par des actions similaires entrepris par leurs homologues du Calvados, où des acteurs de la filière agricole ont vu leurs entrepôts souillés de fumier et de gravats et où la ville de Caen est toujours bloquée pour la circulation.

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«Nous sommes entre 80 et 100», affirme Pierre Lebaillif, président des Jeunes Agriculteurs (JA) de Haute-Normandie, «et [nous] avons bloqué dès 4h du matin les abattoirs de Neubourg, les seuls du département». «Les camions ne peuvent ni entrer ni sortir, mais nous avons laissé passer les employés», ajoute-t-il.

Les éleveurs ont étendu leurs actions à trois supermarchés, notamment un centre Leclerc et un Intermarché. À l'image des abattoirs, les grandes surfaces font parti des acteurs de la filière agricole que les éleveurs estiment responsables des très bas prix auxquels sont vendus leurs produits. Ils pointent du doigt, à l'instar de leurs confrères du Calvados, un taux de rendement qui ne leur permet pas de rentabiliser leur production.

Cette «situation très tendue» comme la définissait, dimanche 19 juillet, le président du syndicat FDSEA, a fait l'objet de plusieurs concertations entre les éleveurs, les acteurs de la filière et les responsables politiques. Le 17 juin, une table ronde s'était achevé sur un accord portant sur l'augmentation de 5 centimes par semaine des prix de la viande bovine dans les grandes surfaces. Le but : apporter aux éleveurs un retour sur investissement plus important. Un accord non-respecté, d'après Pierre Lebaillif : «Depuis trois semaines, on en est même pas à 3 centimes», affirme-t-il.

Autre temps fort de la concertation, l'appel du Président de la République François Hollande, qui avait demandé aux entreprises de la grande distribution d'augmenter les prix de la viande bovine. Malgré cette initiative, les éleveurs accusent les grandes surfaces de ne pas tenir leurs promesses et exige que le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, vienne à leur rencontre pour constater leur situation.

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D'après le président des JA haut-normands, les actions devraient se poursuivre jusqu'à 12h. Le syndicaliste a également laissé entendre que d'autres actions pourraient avoir lieu, telles que le rassemblement des éleveurs et agriculteurs de basse et Haute-Normandie.

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