Après accord avec l'Arabie saoudite, Hariri devrait arriver en France «dans les prochains jours»

- Avec AFP

Après accord avec l'Arabie saoudite, Hariri devrait arriver en France «dans les prochains jours»© Joseph Eid Source: AFP
Le Premier ministre Saad Hariri et Emmanuel Macron avant la présidentielle française en janvier 2017 à Beyrouth.

Le Premier ministre démissionnaire du Liban, Saad Hariri, actuellement en Arabie saoudite, a été officiellement invité à venir avec sa famille en France, pour «quelques jours». Emmanuel Macron a assuré qu'il ne s'agissait pas d'un exil.

Une intervention d'Emmanuel Macron auprès de l'Arabie saoudite aurait-elle aidé à rendre Saad Hariri plus libre de ses mouvements ? Quoi qu'il en soit, l'ex-Premier ministre libanais devrait arriver en France «dans les prochains jours», d'après l'AFP. «Après s'être entretenu avec le prince héritier d'Arabie saoudite Mohammed ben Salmane et le Premier ministre libanais Saad Hariri, le président de la République a invité Saad Hariri et sa famille en France», a fait savoir l'Elysée ce 15 novembre 2017.

Peu après, le président de la République a assuré à la presse que le chef du gouvernement libanais était invité «quelques jours» en France et ne serait par conséquent «pas du tout» en exil dans l'Hexagone. «Nous sommes convenus que je l'invitais pour quelques jours», a précisé le chef de l'Etat devant quelques journalistes, au cours d'une visite du pavillon français de la Conférence des Nations unies sur le climat (COP 23) à Bonn.

Le Premier ministre libanais Saad Hariri a annoncé sa démission le 4 novembre dernier alors qu'il se trouvait à Riyad, la capitale saoudienne, disant craindre pour sa vie et accusant l'Iran et le Hezbollah libanais de semer la discorde dans le monde arabe. Il a réaffirmé sur Twitter qu'il allait bien et regagnerait son pays dans les prochains jours.

Une démission réclamée par l'Arabie saoudite ?

Spéculations et rumeurs vont bon train à Beyrouth sur les raisons qui ont pu motiver une telle décision du Premier ministre. Cette annonce ayant été faite depuis Riyad, de nombreux médias et responsables ont estimé que Saad Hariri avait été contraint de prendre cette décision sous la pression de la maison des Saoud et qu'il n'était pas libre de ses mouvements. Sa démission a en outre coïncidé avec l'arrestation de dizaines de princes, ministres et hommes d'affaires dans une purge sans précédent en Arabie saoudite.

Une thèse également défendue par le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah. «Il est clair que la démission était une décision saoudienne qui a été imposée au Premier ministre Hariri. Ce n'était ni son intention, ni sa volonté, ni sa décision», a-t-il assuré lors d'un discours retransmis à la télévision le 5 novembre. Le bloc parlementaire du Hezbollah a d'ailleurs appelé Riyad à cesser ses ingérences dans les affaires internes du Liban et à ne pas entraîner ce dernier dans les crises que traverse l'Arabie Saoudite.

Le président Aoun accuse l'Arabie saoudite de détenir Saad Hariri prisonnier

Face aux spéculations sur ce séjour qui se prolonge, le chef de l'Etat libanais Michel Aoun a haussé le ton face à Riyad. «Rien ne justifie que monsieur Hariri ne revienne pas après 12 jours. Nous le considérons donc comme en captivité et détenu, ce qui est contraire à la convention de Vienne [régissant les rapports diplomatiques entre pays]», a rapporté un tweet de la présidence libanaise, citant Michel Aoun, le 15 novembre. «Nous n'accepterons pas qu'il reste otage et que nous ne sachions pas les raisons de sa détention», a ajouté le chef d'Etat, qui a assuré n'avoir pu contacter Saad Hariri «par aucun moyen de communication».

Ces événements interviennent dans un contexte de fortes tensions sur plusieurs dossiers entre les deux poids lourds de la région, l'Arabie saoudite sunnite, soutien traditionnel de Saad Hariri, et l'Iran chiite, grand allié du Hezbollah. Les deux puissances régionales s'opposent frontalement sur les dossiers syrien, yéménite et libanais, où elles soutiennent des camps adverses.

Lire aussi : La démission du Premier ministre libanais imposée par l'Arabie Saoudite, selon le Hezbollah

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