Les Républicains «prennent acte» du départ d'Edouard Philippe et de quatre autres membres pro-Macron

- Avec AFP

Les Républicains «prennent acte» du départ d'Edouard Philippe et de quatre autres membres pro-Macron© Lionel BONAVENTURE Source: AFP
Edouard Philippe ne fait plus parti des Républicains

Le Premier ministre Edouard Philippe n'est officiellement plus le bienvenu chez LR. Son départ du parti a été acté, alors que quatre autres responsables politiques proches de la majorité ont été exclus.

Après plusieurs semaines de confusion, Les Républicains (LR) ont finalement exclu le 31 octobre les quatre ministres et responsables «constructifs», et «acté le départ» d'Edouard Philippe, ce qui laisse désormais à ces pro-Macron le champ libre pour la création d'un nouveau parti politique.

Sous réserve de recours des exclus – le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin ; le secrétaire d'Etat à la Transition écologique, Sébastien Lecornu ;le président du groupe UDI-Constructifs à l'Assemblée, Franck Riester ; et le député du même groupe, Thierry Solère – la décision du bureau politique de LR marque l'épilogue d'un feuilleton devenu interminable.

Une semaine plus tôt, un premier bureau politique s'était tenu mais n'avait pu statuer, faute de quorum.

Le soir du 31 octobre, seule une trentaine de membres sur les 126 que compte le bureau politique se sont déplacés au siège des Républicains (Paris XVe), dont plusieurs ténors comme Laurent Wauquiez, Gérard Larcher, Christian Jacob, Bruno Retailleau ou Eric Ciotti. Aucun nombre minimal de participants n'était cette fois-ci requis.

«Le bureau politique a adopté à une très large majorité une délibération d'exclusion formelle», ont fait savoir Les Républicains dans un communiqué.

Parmi les reproches des Républicains aux pro-Macron, «leur ralliement individuel à la majorité présidentielle». D'autres sont accusés d'avoir «soutenu des candidats contre les candidats LR aux législatives», ou, à l'instar de Gérald Darmanin, de s'être présenté sur des listes La République en marche aux sénatoriales.

Le Premier ministre, le seul des cinq qui n'avait pas souhaité s'exprimer devant la commission ad hoc du parti, n'a pas été formellement «exclu» mais considéré comme partant d'office. «Le bureau politique avait pris acte du départ d'Edouard Philippe de notre mouvement», peut-on encore lire dans le communiqué.

«Les Républicains préfèrent les exclusions. J'assume de mettre mon énergie au service des réformes nécessaires pour la France», a réagi sur Twitter Sébastien Lecornu, en faisant néanmoins part de sa tristesse.

Avant l'annonce de son exclusion, Thierry Solère avait pour sa part ironisé : «Pas banal, quand même, l'idée qu'un parti de gouvernement, celui de la droite française, exclue le bras droit de Nicolas Sarkozy à la primaire, Gérald Darmanin, le bras droit d'Alain Juppé, Edouard Philippe, le plus jeune président d'un département de France, Sébastien Lecornu, et moi-même qui ai organisé les primaires.»

«Le parti Les Républicains fait ce soir honte aux valeurs du gaullisme et du rassemblement», a pour sa part commenté Christian Estrosi sur Twitter.

Apatrides ?

Les désormais ex-LR n'excluent pas de former des recours. Mais c'est surtout l'idée d'un nouveau mouvement politique qui s'est imposée chez les LR pro-Macron.

«Un député peut-il rester apatride ? Je ne crois pas», a souligné auprès de l'AFP un parlementaire constructif, alors que d'autres députés issus de LR qui siègent dans le groupe des Constructifs à l'Assemblée pourraient faire l'objet d'une nouvelle vague d'exclusions d'ici la fin du mois.

Si le principe d'un nouveau mouvement politique de centre droit, soutien du gouvernement, semble acté, il reste «à régler le timing», même si cela devrait vraisemblablement arriver avant l'élection du président des Républicains, le 10 décembre, selon ce même parlementaire. 

Ses statuts et ses rapports avec l'UDI doivent également encore être discutés, le débat entre partisans d'une fédération, ceux d'une confédération, et ceux favorables à de simples alliances électorales au coup par coup n'est pas encore tranché.

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