Enquête ouverte en France après la fuite sur internet de fiches de suspects

- Avec AFP

Enquête ouverte en France après la fuite sur internet de fiches de suspects© FRANCOIS GUILLOT / AFP Source: AFP

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire après les récentes fuites sur les réseaux sociaux de fiches de police de personnes recherchées, sur fond de menace djihadiste, a-t-on appris le 9 mai de source judiciaire.

Cette enquête confiée à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN), la «police des polices», est ouverte pour «violation du secret professionnel et recel de ce délit», a précisé cette source.

Elle fait suite à la publication sur les réseaux sociaux de fiches de diffusion d'individus signalés n'ayant aucunement vocation a être rendues publiques, a détaillé la même source.

Les investigations doivent permettre de déterminer les conditions dans lesquelles ces fiches ont pu être diffusées, notamment sur le compte Twitter du photo-reporter Jean-Paul Ney, suivi par plus de 28 000 abonnés, dans un contexte de menace jihadiste élevée en France, cible d'une vague d'attentats qui ont fait 239 morts depuis janvier 2015.

L'ouverture de cette enquête intervient après une importante opération policière gare du Nord, à Paris, évacuée dans la nuit du 8 au 9 mai pour vérifier la présence de trois personnes recherchées dans un train venant du nord de la France.

Dès le 6 mai, les fiches de trois individus avaient commencé à circuler, tweetées notamment par Jean-Paul Ney.

Il y a quelques semaines, il avait déjà publié un tweet similaire le soir de l'attentat sur les Champs-Elysées, le 20 avril, dans lequel le délinquant multirécidiviste, Karim Cheurfi, avait tué un policier dans une attaque revendiquée par le groupe djihadiste Etat islamique (EI). Il avait diffusé sur Twitter l'identité d'un individu suspect, signalé par la Belgique comme pouvant se rendre à Paris pour y commettre un attentat, qui s'est avérée être différente de celle de l'assaillant.

Jean-Paul Ney a été condamné en octobre 2016 à 3 000 euros d'amende pour avoir divulgué l'identité des frères Kouachi, qui ont attaqué Charlie Hebdo le 7 janvier 2015 (12 morts), alors que les forces de l'ordre étaient lancées sur leurs traces.

Le procureur de Paris, François Molins, avait déploré ces fuites, qui avaient ruiné «tout espoir de surprise» dans la traque des frères Kouachi.

Ces fiches de police qui contiennent photographies des individus recherchés et informations sur un éventuel niveau de dangerosité doivent permettre aux forces de l'ordre d'interpeller des suspects s'ils sont aperçus.

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