Après l'annonce du duel Macron-Le Pen, la classe politique se mobilise massivement contre le FN

Après l'annonce du duel Macron-Le Pen, la classe politique se mobilise massivement contre le FN© CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP Source: AFP
Au QG de François Fillon

Dès l'annonce des premières estimations du premier tour de l'élection présidentielle française, de nombreux ténors des camps éliminés (en particulier les socialistes et les Républicains) ont appelé à voter pour Emmanuel Macron contre Marine Le Pen.

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  • Marie-George Buffet, ancienne secrétaire nationale du PCF, a estimé le 26 avril auprès de l'AFP que «l'urgent», dans la perspective du second tour de la présidentielle, «c'est d'arrêter l'extrême droite» en votant pour Emmanuel Macron.

    «Je ferai distribuer demain [le 27 avril], dans ma circonscription [de Seine-Saint-Denis], une déclaration pour souligner que l'urgent, c'est d'arrêter l'extrême droite», a déclaré l'ancienne ministre des Sports, proche de Jean-Luc Mélenchon.

  • Jean-Luc Mélenchon a refusé de dire s'il voterait blanc ou pour Emmanuel Macron le 7 mai prochain, par la voix de son porte-parole, Alexis Corbière. Il refuse toujours de donner une consigne de vote, préférant s'en remettre au jugement des adhérents de la France insoumise qui peuvent voter en ligne jusqu'au 2 mai prochain.

  • Estimant qu'«il fait passer l'argent avant l'humain» et qu'il poursuivra la politique de François Hollande, la Manif pour tous appelle à s'opposer à Emmanuel Macron pour le second tour de l'élection présidentielle.

  • Pour la première fois de son histoire longue de 90 ans, la Licra (Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme) soutient un candidat à l'élection présidentielle en appelant à voter pour Emmanuel Macron, a annoncé mardi à l'AFP son président, Alain Jakubowicz, face au «danger bien réel» du Front national.

    «Nous appelons à voter pour Emmanuel Macron et nous sommes à la disposition de ses équipes pour lui apporter notre savoir-faire, nos connaissances», a affirmé Alain Jakubowicz à l'issue d'une réunion spéciale du comité exécutif de la Licra.

    «C'est extrêmement nouveau» pour la Licra, fondée en 1927 et qui «n'a jamais pris position pour un candidat dans son histoire, parce qu'elle n'est ni de droite, ni de gauche», même si l'association de lutte contre le racisme a pu par le passé se prononcer «contre des candidats» ou «contre des extrémistes», a-t-il rappelé. 

    Mais «quand on est un démocrate ou un républicain il n'y a pas photo, pas d'hésitation», a assuré Alain Jakubowicz, parlant de «décision politique au sens citoyen du terme».

    L'association a donc «fait le choix de ne pas être dans le "ni-ni" ou dans l'hypocrisie qui consiste à appeler à voter contre Marine Le Pen, mais très clairement et nommément de soutenir le candidat d'En Marche!», a-t-il ajouté, tout en se disant «extrêmement déçu» par l'entrée d'Emmanuel Macron dans le second tour car «nous attendions autre chose, un discours rassembleur, qui tende la main aux Français».

    «Le danger est bien réel», a-t-il ajouté, rappelant qu'en 2002, la qualification de Jean-Marie Le Pen pour le second tour de la présidentielle avait provoqué une «stupéfaction nationale» mais que depuis «on a frisé la catastrophe» à chaque élection.

    «C'est le "front républicain" qui au dernier moment a réussi à éviter le pire», or« aujourd'hui ce "front républicain" est en passe d'être fissuré», a-t-il ajouté, soulignant qu'«on n'est pas passés très loin d'une finale Le Pen-Mélenchon», qui est «un autre extrémiste».

  • L'ancien ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire a annoncé sur BFM TV qu'il voterait pour Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle, le 7 mai prochain. «Je voterai pour Emmanuel Macron parce qu'on banalise la situation politique actuelle. L'extrême-droite peut gagner cette élection présidentielle. Une victoire de Marine Le Pen est possible», a affirmé l'ancien candidat à la primaire de la droite et du centre.

    Il a par ailleurs ajouté qu'il n'aurait «aucune hésitation» à intégrer le gouvernement si le leader d'En Marche ! se retrouvait sans majorité claire à l'Assemblée.

  • La CGT appelle elle aussi à ne pas voter Marine Le Pen.

  • L'ancien ministre Jean-Pierre Chevènement «appelle à un vote résolu» en faveur d'Emmanuel Macron, tout en demandant aux «forces républicaines» de «réviser enfin leur politique, comme elles ne l'ont pas fait après 2002».

    «Dans l'immédiat, il faut que nos concitoyens se mobilisent pour écarter Marine Le Pen au second tour. Son score sans précédent doit obliger les forces républicaines à réviser enfin leur politique, comme elles ne l'ont pas fait après 2002 pour répondre au besoin de protection qu'exprime le pays», a ajouté le souverainiste de gauche, dans un communiqué.

  • Europe Ecologie-Les Verts (EELV) a appelé les électeurs à faire battre «très largement» Marine Le Pen au second tour de l'élection présidentielle, prévenant contre le risque de l'abstention, sans pour autant «donner quitus» à la personne ni au projet d'Emmanuel Macron.

    «Marine Le Pen au second tour, ça paraît d'une banalité confondante alors que c'est extrêmement grave», a expliqué Julien Bayou, porte-parole d'EELV lors d'une conférence de presse. «On espère qu'elle sera largement battue», a-t-il ajouté, assurant souhaiter un score de 65/35 en faveur du candidat d'En Marche ! «plutôt que 55/45».

    «Nous préférons un projet qu'on peut combattre dans la rue plutôt qu'un projet qui peut dériver vers un régime qui n'a rien de démocratique», a-t-il argumenté. Mais, a-t-il prévenu, «ça ne vaut pas quitus pour Emmanuel Macron». 

    Son projet, «tout le monde peut y trouver son compte, c'est d'ailleurs fait pour ça», mais, a-t-il développé, des promesses comme le 50% de nourriture bio dans les cantines ou la lutte contre les pesticides dangereux «on se sait jamais par quel chemin il compte y parvenir».

    Du coup, Sandra Regol, autre porte-parole de EELV, a demandé à Emmanuel Macron de «trancher et avoir une ligne» pour travailler au rassemblement pendant l'entre-deux tours. «Il confond le rassemblement et le flou, or c'est très différent, un rassemblement se fait autour de l'idée de la société dans laquelle on veut vivre», a-t-elle ajouté.

    De ce point de vue, a-t-elle regretté, le discours puis la soirée à La Rotonde dimanche «est un signal envoyé aux antipodes de ce qu'on attend d'un président de la République». Elle a évoqué «un message catastrophique» d'autant plus prégnant que les enquêtes sur la sociologie du vote montrent que Emmanuel Macron a séduit un électorat urbain et diplômé, et Marine Le Pen plutôt les territoires ruraux et les classes populaires.

  • Jean-Marie Le Pen, co-fondateur du Front national, a jugé «très digne» l'attitude de Jean-Luc Mélenchon, qui n'a pas donné de consignes de vote pour le deuxième tour de la présidentielle entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, après son élimination.

    Jean-Luc Mélenchon «est très correct. Ca me paraît très digne de la part d'un candidat qui a fait une percée remarquable et qui était, il faut le dire, sur le plan oratoire, le meilleur», a jugé Jean-Marie Le Pen sur France Inter.

    Le soir du 25 avril, le candidat de la France insoumise (19,6%) a renvoyé à ses militants le choix de la conduite à tenir au second tour, pourfendant les deux qualifiés qui «n'expriment aucune prise de conscience écologique (...) et comptent s'en prendre une fois de plus aux acquis sociaux les plus élémentaires du pays».

    Par ailleurs, s'agissant d'Emmanuel Macron, «les socialistes ont eu un coup de génie. Ils ont compris qu'ils ne pouvaient pas se présenter, avec le bilan de monsieur Hollande, comme Parti socialiste, et ils ont imaginé cette espèce de personnage masqué, inconnu, autour duquel on a créé une espèce de légende, qui a été monsieur Macron», a analysé Jean-Luc Le Pen.

    Le co-fondateur du parti d'extrême-droite a jugé «scandaleuse» l'«ingérence» de François Hollande, qui a appelé le 24 avril à voter pour Emmanuel Macron le 7 mai.

  • Christine Boutin, ex-candidate à la présidentielle et ex-ministre de Nicolas Sarkozy, prône «le vote révolutionnaire» en faveur de Marine Le Pen pour faire battre Emmanuel Macron au second tour de la présidentielle, dans une série de tweets du 24 avril.

    Dans des déclarations au Figaro diffusées le 24 avril sur le site du quotidien, elle s'est dite «scandalisée que la droite ait trahi ses électeurs qui s'étaient fait une raison de voter François Fillon, en annonçant, un quart d'heure après la défaite, un vote en faveur du candidat d'En Marche!». «Je veux faire comprendre aux Français de droite que voter Le Pen, ce n'est pas adhérer au Front national», parti qu'elle assure avoir «combattu toute sa vie». «C'est simplement un vote contre Emmanuel Macron», a-t-elle argumenté. 

    «Emmanuel Macron, c'est l'incarnation de tout ce que je n'aime pas, c'est à l'opposé de mes valeurs, qui ont rythmé ma vie politique. C'est le libéralisme libertaire, c'est la mondialisation, c'est l'argent, c'est la banque», et «il dénie à la France sa culture», a estimé Christine Boutin, le qualifiant de «vrai danger». 

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