Attentat de Nice : ouverture «imminente» d'une information judiciaire sur le dispositif de sécurité

- Avec AFP

Attentat de Nice : ouverture «imminente» d'une information judiciaire sur le dispositif de sécurité© ascal Rossignol Source: Reuters
Hommages aux victimes de l'attentat de Nice, deux jours après la tragédie (photo d'archive)

L'ouverture d'une information judiciaire sur d'éventuelles failles dans le dispositif de sécurité en place le 14 juillet à Nice et qui n'a pu prévenir l'attentat est «imminente», a assuré le procureur de Nice.

«J'ai demandé à ce qu'il y ait plusieurs juges d'instruction qui soient saisis», a déclaré le procureur de Nice Jean-Michel Prêtre, qui a reçu une plainte avec constitution de partie civile des parents d'un petit garçon de quatre ans tué dans l'attaque de Nice. Leur action vise la mairie et l'Etat, organisateurs de la sécurité le soir de la fête nationale.

«La plainte est parfaitement légitime et recevable et je ne vois pas pourquoi je m'opposerais à l'ouverture d'une information qui est de droit», a ajouté Jean-Michel Prêtre. Dans ce dossier, le parquet de Nice avait pris, le 19 janvier, une première décision de classement sans suite, tout en sachant que des familles reviendraient à la charge.

L'hypothèse d'un attentat avec un camion bélier avait été envisagée pour l'Euro-2016 de football, en particulier sur la partie dite de la «Fan Walk», mais pas pour le soir du 14 juillet. Or, c'est justement au volant d'un camion de location que Mohamed Lahouaiej Bouhlel, un Tunisien de 31 ans vivant en France depuis 2007, a foncé dans la foule de 30 000 personnes qui assistaient au feu d'artifice le soir de la fête nationale, faisant 86 morts et 450 blessés.

Les parents du petit Yanis ont aussi demandé le dépaysement du dossier loin de Nice, leur avocat Yassine Bouzrou accusant le parquet de blocage et estimant que les liens de travail du parquet avec la mairie et la préfecture, et notamment sa participation aux réunions préparatoires sur les risques d'attentat avant le 14 juillet, pourraient compromettre l'objectivité de l'enquête.

«Même dans l'hypothèse étudiée par les autorités d'une attaque à l'arme lourde, le dispositif était de toute façon inadapté compte tenu de la faible présence policière au premier point de sécurisation rue Meyerbeer», ajoute Yassine Bouzrou qui accuse : «Il n'y avait pas de barrage au point Meyerbeer contrairement à ce qu'a indiqué monsieur Cazeneuve», alors ministre de l'Intérieur.

En outre, «le camion a été vu en train d'écraser des gens à 1,5 kilomètre du point Meyerbeer et il a pu parcourir 1,5 kilomètre sans que ces policiers aient pu recevoir l'information alors qu'il existe une convention de coordination qui prévoit une fréquence radio commune entre policiers nationaux et municipaux», a-t-il ajouté.

Jean-Michel Prêtre s'est refusé à tout commentaire à propos de ce dépaysement, sur lequel la cour d'appel d'Aix-en-Provence doit statuer sous dix jours. Il a répété que, selon sa propre analyse du code pénal qui prévoit jusqu'à cinq ans d'emprisonnement pour mise en danger de la vie d'autrui, il n'y avait aucune infraction reprochable à quiconque.

«Pour que l'infraction pénale soit constituée, il ne faut pas simplement avoir été imprudent ou avoir commis une erreur mais il faut avoir eu conscience d'un risque important, que la couverture de ce risque ait été prévue et que le responsable ait sciemment décidé qu'il n'en ferait rien. Ce n'est pas ce qui a été constaté dans cette affaire», avait-il déjà expliqué en janvier.

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