Calais en plein chaos : la détresse des migrants s'ajoute à la colère des marins

Autoroute A16© Capture d'écran, compte Twitter @JigginoRuss
Autoroute A16

Alors que les employés de My Ferry Link manifestent à Calais provoquant des perturbations importantes du trafic, plusieurs dizaines de migrants tentent de se cacher dans des véhicules pour rejoindre la Grande-Bretagne.

La situation a commencé à déraper ce mardi à Calais, où des centaines de migrants ont essayé de profiter des perturbations du trafic suite à une action des marins pour monter à bord des camions à destination de la Grande-Bretagne et tenter ainsi de passer par le Tunnel sous La Manche. Le Bureau des Affaires étrangères britannique est allé jusqu’à publier une déclaration officielle faisant état d’un «grand nombre de migrants illégaux à ou près de Calais qui peuvent essayer d'entrer illégalement au Royaume-Uni», et appelant les citoyens britanniques qui s’y trouvent à «tenir les portes de leur véhicule fermées pendant la circulation».

Bien que ce moyen de transport ne soit pas nouveau, cette fois des unités de forces de l’ordre supplémentaires ont dû être mobilisées pour empêcher des groupes entiers de migrants de prendre d’assaut des camions, rapporte la correspondante de RT Polly Boiko. Le chaos sur l’autoroute qui conduit vers le tunnel montre la fragilité de la situation à Calais et le désespoir croissant des migrants, dont le nombre aux environs de ville atteint 3 000 personnes.

La crise provoque de plus en plus de désaccords entre les autorités françaises et britanniques, alors que la maire de Calais a appelé depuis la tribune de France Info à l’«incident diplomatique» avec Londres, qui «ne donne pas un sou» pour aider Paris à faire face à l’afflux croissant de migrants cherchant à atteindre le sol britannique.

«On ne peut plus être pris en otage», a déclaré Natacha Bouchart, en déplorant la situation des calaisiens qui «vivent depuis plus de dix ans dans ces conditions». D’après la responsable, il faut exiger que le Royaume-Uni adhère aux accords de Schengen, «soit qu’ils changent les règles d’accueil, en mettant en place des dispositions plus drastiques».

De son côté, l’ambassadeur de Grande-Bretagne à Paris Sir Peter Ricketts a répondu à ces propos en évoquant les 15 millions d’euros débloqués par les autorités britanniques notamment pour «améliorer la sécurité et la fluidité du port de Calais». «Nous sommes convaincus de faire tout notre possible pour répondre à la situation à Calais, nous travaillons de très près avec les autorités locales, mais la sécurité dans la ville reste la responsabilité des autorités françaises», a estimé Sir Ricketts, interrogé par La Voix du nord.

Un trafic illégal de migrants à Calais

Entretemps, la procureur adjointe de la cour de Calais Julie Colaert a annoncé sur les ondes de la BBC qu’environ 100 citoyens britanniques avaient été emprisonnés l’année passée à Calais pour avoir essayé de faire passer discrètement des migrants en Grande-Bretagne.

«Le nombre de trafiquants anglais augmente chaque année», selon Julie Colaert, alors que le taux de citoyens britanniques arrêtés pour s'être livré au trafic de migrants a atteint 25 %. Un taux dépassé uniquement par les originaires d'Europe de l’est.

Apparemment, les migrants seraient prêts à payer très cher à ces trafiquants «qui promettent un passage sûr», a ajouté Colaert.

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