France

Interrogé sur ses liens avec le Qatar, Jean-Marie le Guen s'emporte sur France Info

Le secrétaire d'Etat au Développement est sorti de ses gonds sur les ondes de France Info, où il était interrogé sur ses démêlés judiciaires avec les auteurs d'un livre-enquête sur ses liens avec les émirs du Qatar. «Mensonges», martèle-t-il.

Invité sur le plateau de France Info, le matin du 5 janvier, Jean-Marie Le Guen s'est montré particulièrement agacé lorsqu'on lui a demandé de s'expliquer sur le procès qui l'oppose aux journalistes Georges Malbrunot et Christian Chesnot, auteurs d'une enquête intitulée Nos très chers émirs (Michel Laffon, 2016) et traitant des liens entre la France et le Qatar. 

Dans cet ouvrage, il est notamment reproché à Jean-Marie Le Guen, ancien député de Paris, d'avoir tenté de faire bloquer toutes les critiques de parlementaires vis-à-vis des liens étroits qu'entretient la France avec l'émirat. En contrepartie, il aurait touché 10 000 euros par mois avec en prime, la création d'une agence de communication à Paris financée par le Qatar. 

Georges Malbrunot assure avoir la preuve «à 100,1%» de ce qu'il avance sur Jean-Marie Le Guen. Face à cette déclaration, le secrétaire d'Etat de François Hollande a perdu son sang-froid. «Je vais vraiment en avoir marre, hein !», a-t-il tempêté, ajoutant qu'il s'agissait selon lui d'une «polémique honteuse» et que l'ouvrage ne comportait pas «l'ombre d'une preuve». «C'est par corporatisme journalistique [que la polémique] est reprise ici et là par certains. C'est franchement scandaleux», a-t-il martelé. 

Jean-Marie le Guen a également déclaré avoir porté plainte pour diffamation contre Georges Malbrunot et Christian Chesnot, qui travaillent au Figaro et à France Inter et déploré que le journaliste de France Info Guy Birenbaum donne la parole à Georges Mabrunot, qui n'a selon lui «d'autre objet, outre le fait de critiquer la politique française au Moyen-Orient, que de vendre son livre.» Et d'ajouter à l'adresse du journaliste : «Vous en êtes quelque part le complice.» 

Pourtant, pour Georges Malbrunot, l'attaque en diffamation de la part de Jean-Marie Le Guen serait en fait une manœuvre politique qui lui permettrait de s'en servir en tant qu'argument de défense lors des élections législatives. Ce serait d'ailleurs pour cela que le secrétaire d'Etat aurait délibérément choisi «une procédure [...] assez longue», qui lui «permettra [...] de pouvoir affronter ses électeurs cette année lors des élections législatives».

En outre, l'agacement de Jean-Marie Le Guen n'a pas manqué de susciter la réaction des auteurs de Nos chers émirs. Ainsi, pour Georges Malbrunot, l'ancien député de Paris a voulu jouer la carte de l'indignation et de la colère pour s'opposer à une curiosité journalistique légitime.

Le 29 novembre 2016, RT France avait rencontré Georges Malbrunot qui avait donné son point de vue sur le fiasco de la politique française au Moyen-orient. Dans Nos très chers émirs, Georges Malbrunot et Christian Chesnot expliquent entre autre que l'Arabie saoudite et le Qatar, par l'intermédiaire de financiers privés ou «pseudo-privés» ont «alimenté Daesh et al-Nosra pendant des années» leur permettant de prendre une position dominante aux dépens des rebelles «modérés», tandis qu'en France, «on fermait les yeux sur ces acquaintances-là» sans plan alternatif au renversement du «régime» de Bachar el-Assad.

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