Les riverains choqués par la violence du démantèlement du camp de la rue Pajol (VIDEO)

Un des migrants à Pajol© Capture d'écran du compte de Twitter @CamelBouchoucha
Un des migrants à Pajol

84 migrants ont été arrêtés, lundi, lors du démantèlement du camp de la rue Pajol à Paris, malgré le fort mécontentement des habitants du quartier qui les aidaient à survivre. Les témoins ont déploré la violence de cette intervention policière.

La semaine dernière environ 380 migrants étaient expulsés du camp de la Chapelle à Paris. Les uns sont partis avant l’arrivée de la police, les autres ont été embarqués dans des cars et emmenés dans des hôtels de banlieue parisienne. Mais de l’aveu même des migrants, ils n’avaient rien pour vivre dans ces hôtels, raison pour laquelle ils se sont rendus ensuite dans le quartier de la rue Pajol. Une fois arrivés, les migrants ont décidé de signaler leur présence aux habitants du quartier en accrochant, aux arbres et dans les rues, des lettres rédigées en français et en anglais où on pouvait lire les choses suivantes :

«Nous sommes des migrants venus d’Afrique en France. […] Le gouvernement comme ils l’appellent (maire) nous a dit d’aller vivre dans un hôtel. Ils nous ont emmené à l’hôtel, et ne nous ont rien donné. Pas de papiers, pas de logement. Ensuite, ils nous ont envoyé à Pajol».

Mais ceux qui ont entamé une procédure de demande d'asile, disposent de justificatifs, qui semblent toutefois avoir été improvisés dans l'urgence.

Un migrant soudanais arrêté à Pajol montre son «permis de séjour» qu'il a réçu chez l'OFPRA Source: RT
Un migrant soudanais arrêté à Pajol montre son «permis de séjour» qu'il a réçu chez l'OFPRA

Même si les habitants locaux les ont accueillis en faisant preuve de solidarité, en leur donnant à manger, leur expulsion a commencé au matin du 8 juin.

Les forces de l’ordre, police et CRS, sont arrivés tandis que des activistes et des habitants du quartier se sont interposés pour protéger les migrants. Cela n’a pas empêché la force publique de les charger des manière violente. Les activistes et les migrants scandaient «Droit d’asile, droit à l’hébergement !».

Mais les CRS ont encerclé les migrants qui s’étaient regroupés contre les murs et ont recouru aux gaz lacrymogènes, ce qui a fortement mécontenté la foule. Les gens criaient «Solidarité avec les réfugiés !», «Honte à la République !», «Pas d’évacuation sans hébergement !»

Les forces de l’ordre ont évacué les migrants l’un après l’autre ou deux par deux et les ont emmenés dans un véhicule rempli de CRS. Au total, 84 personnes ont été emmenées au commissariat.

Cette action violente des forces de l’ordre a provoqué de vives réaction sur Twitter. En fin de journée, le hashtag #Pajol s’était multiplié avec virulence.

Les témoins parlent de la violence policière qui s’est aussi exercée contre les Français. L’adjoint au maire du 18ème arrondissement, Hugo Touzet, a déclaré avoir été «molesté» par la police. 

De plus, les bénévoles qui aidaient les clandestins à survivre ont aussi été arrêtés. Une femme de 22 ans est toujours en garde à vue

Le patron du Parti communiste Pierre Laurent s'est dit «révolté» par le comportement du Premier ministre Manuel Valls «qui envoie la force publique contre les réfugiés de la halle Pajol».

Les Français s’indignent aussi sous un autre hashtag – #JaiMalaMaGauche – des actions de leur gouvernement. 

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