Occupation de la maison de Maryvonne : un dernier message des squatteurs

La maison de Maryvonne Thamin ce lundi.© Capture d'écran du compte Twitter @AbelHelabeth
La maison de Maryvonne Thamin ce lundi.

Alors que la justice a ordonné l’expulsion des squatteurs du domicile de Maryvonne, les anciens occupants ont voulu dénoncer ce qu’ils considèrent comme «une gigantesque arnaque politique».

«Contre les propriétaires spéculateurs défendus par des groupes d’extrêmes droite, OCCUPONS». Voici le message inscrit sur l’une des banderoles qui ont été accrochées sur la maison de Maryvonne, dans la nuit de dimanche à lundi. L’un des expulsés a dénoncé au micro de France TV Info «une gigantesque arnaque politique» et «un buzz» qui visait à faire croire «que les squatteurs seraient protégés». Il affirme que ces derniers «sont partis très vite», une fois la décision de justice rendue.

Le verdict de la justice rendu vendredi

Maryvonne, 83 ans, avait saisi la justice début mai pour reprendre possession de son pavillon de la rue de Châtillon, à Rennes. Inoccupé durant plusieurs années, le bien de l’octogénaire était habité illégalement depuis dix-huit mois. A la mort de son mari, en avril dernier, les héritiers de ce dernier ont souhaité que Maryvonne quitte le domicile qu’elle occupait avec son époux. Elle a donc voulu reprendre possession de son pavillon rennais.

Vendredi 29 mai, la justice a ordonné l’expulsion sans délais des squatteurs. L’huissier de justice chargé d’appliquer la décision était attendu sur place aujourd’hui. Les anciens occupants avaient demandé un délai avant d’être mis à la porte. Ils mettaient en avant leur grande difficulté financière et l’absence d’option de relogement. Des arguments qui n’ont pas convaincu le tribunal d’instance de Rennes.

Une affaire devenue politique

Le cas de Maryvonne a beaucoup fait réagir dans l’hexagone. Et les partis politiques ne se sont pas fait prier pour s’emparer de l’affaire. Gilles Pennelle, tête de liste Front National en Bretagne pour les élections régionales avait appelé très vite à la mobilisation et s’est montré actif en multipliant les communiqués. Plusieurs groupes de soutien, dont les nationalistes bretons de l’Adsav, ont manifesté devant le domicile de Maryvonne. Le 1er mai, un affrontement entre ces derniers et un groupe d’extrême gauche à été évité de justesse par la police.

Sur les réseaux sociaux, la situation de Maryvonne a provoqué l’indignation. Une page Facebook de soutien a dépassé les 4 000 membres en quelques jours. Les messages hostiles aux squatteurs sont, quant à eux, très majoritaires sur Twitter.

Une vague sur laquelle a tenté de surfer l’adversaire de Gilles Pennelle, le député Républicain Marc Le Fur. Il a déposé une proposition de loi pour «que la situation de Maryvonne Thamin ne puisse plus se reproduire».

L’imbroglio de la loi sur le droit au logement opposable

Le fameux Dalo. Il serait, selon Philippe Billaud, conseil de Maryvonne, responsable de la situation. Cette loi ne laisserait que 48 heures à un propriétaire pour faire une demande à la police visant à faire évacuer les squatteurs. Une fois le délai passé, il faudrait s’en remettre à une décision de justice. Ce qui peut prendre du temps. Beaucoup de temps. Certains avocats contestent cependant la réalité de cette mesure. L’un d’entre eux, Jérôme Maudet, parle même de «légende urbaine enseignée dans les écoles de police». Pourtant, Marc Le Fur et son collègue Julien Aubert sont bien déterminés à punir plus sévèrement les squatteurs. Leurs deux propositions de lois visent à étendre la violation de domicile. Le Fur est clair : «D'abord, protéger l'habitant légal d'un logement, qu'il soit propriétaire ou locataire. Pour cela, il faut modifier les délais permettant une action des forces de l'ordre pour expulser les squatteurs sans passer par un tribunal».

Une situation qui inquiète les occupants illégaux. Un des expulsés de la rue de Châtillon estime «qu’ils se servent de cette affaire pour attaquer toutes les occupations, celles des gens qui n’arrivent pas à payer leur loyer ou celle des étudiants qui occupent l’université». 

Auteur: Youtube

En 2012, l'Insee avait comptabilisé 112 000 personnes sans domicile fixe dont 31 000 enfants. Le chiffre avait presque doublé depuis 2001. Il aurait encore augmenté. De quoi voir encore d'autres affaires Maryvonne.




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