Conférence de François Hollande en Roumanie : soutien à Junker et promesses pour Alstom à Belfort

Source: Reuters

En visite à Bucarest, François Hollande a tenu à appuyer Jean-Claude Junker qui demande des clarifications à José Manuel Barroso pour son embauche au sein de Goldman Sachs et il a assuré que tout serait fait pour maintenir le site Alstom de Belfort.

«J'appuie entièrement son initiative», a déclaré le chef de l'Etat français, à propos des éclaircissements réclamés par le président de la Commission européenne sur l'embauche de José Manuel Barroso par Goldman Sachs, à Bucarest, lors d'une conférence de presse commune avec son homologue roumain Klaus Johannis. Le président de l'exécutif européen, Jean-Claude Juncker a en effet demandé à son prédécesseur José Manuel Barroso des «clarifications» sur son embauche au sein de la puissante banque d'affaire américaine, pour identifier les éventuels conflits d'intérêts auxquels le Portugais pourrait être exposé dans ses nouvelles fonctions. 

«Quand l'on sait que c'est Goldman Sachs qui a été l'une des causes des difficultés que nous avons pu rencontrer, cela justifie une procédure comme celle que Monsieur Juncker vient d'engager», a relevé François Hollande faisant référence à la crise économique de 2008 dans laquelle l'implication de cette banque est régulièrement dénoncé.

Le président français a rappelé qu'il avait déjà «exprimé non seulement son étonnement par rapport aux choix professionnels de Monsieur Barroso mais également son exigence que les règles éthiques puissent être repectées et que tout conflit d'intérêt puisse être écarté» lorsque l'embauche de José Manuel Barroso par la banque américaine avait été rendue publique.

Dans un courrier publié le 12 septembre, Jean-Claude Juncker, longtemps sur la réserve dans ce dossier, expliquait que la Commission avait demandé à José Manuel Barroso de «fournir des clarifications sur ses nouvelles responsabilités et les termes de son contrat de travail».

Le code de bonne conduite signé par les commissaires prévoit une période de «refroidissement» de 18 mois à l'issue de leur mandat, durant laquelle ils doivent demander une autorisation à leur ancien employeur pour rejoindre un groupe privé. Mais José Manuel Barroso a quitté ses fonctions en 2014 et n'est donc plus concerné par cette contrainte.

C'était le principal axe de défense de la Commission, après l'annonce de la nomination de son ex-président chez Goldman Sachs, jusqu'à ce que l'émoi suscité par cette entrée en fonctions l'oblige à prendre des précautions supplémentaires.

Des promesses pour les salariés d'Alstom de Belfort

François Hollande s'est également exprimé sur l'information nationale qui défraie la chronique depuis quelques jours. «Je l'assure ici : tout sera fait pour que le site de Belfort puisse être pérennisé. Ça veut dire pour de nombreuses années», a aussi déclaré le président français lors de cette même conférence de presse en Roumanie.

«J'ai fixé l'objectif, qui est d'assurer la pérennité du site de Belfort Alstom pour les prochaines années. Pas simplement pour les deux ans qui viennent. Cela suppose une mobilisation de tous», a également déclaré François Hollande, qui accuse le groupe d'avoir fait une annonce «dans la précipitation et sans concertation.»

«Le groupe Alstom doit prendre conscience de ce qu'il représente à l'échelle du monde et que le site de Belfort peut être conforté à travers un certain nombre de prises de commandes dans le cadre de marchés qui existent et qui doivent être accélérées. C'est ce que le gouvernement fait», a conclu le chef de l'Etat. 

Le patron d'Alstom Henri Poupart-Lafarge a affirmé, dans un message aux salariés du groupe dont l'AFP a obtenu copie le 13 septembre, que le maintien de la production de trains à Belfort était «aujourd'hui impossible» en raison de la pénurie de commandes.

Hollande se rendra sur le site de Florange «dans les prochaines semaines»

François Hollande a aussi annoncé qu'il comptait se rendre dans les prochaines semaine à Florange en Moselle, où il a promis d'aller chaque année depuis l'annonce de la fermeture des hauts fourneaux par le groupe Arcelor Mittal.

«J'ai fait en sorte que les engagement qui ont été pris, puisque les hauts fourneaux étaient déjà à l'arrêt, puissent aboutir à ce qu'il y ait 180 millions d'euros d'investissements supplémentaires sur Florange, qu'il n'y ait aucun licenciement et même aucun plan social, et que tous les personnels soient reclassés. C'est le cas», a déclaré le président français lors d'une conférence de presse.

«Il y a plus de 190 millions d'euros d'investissements qui ont été engagés, les personnels ont pu être reclassés, un centre de recherche publique qui associe des partenaires privés est en ce moment en construction et j'irai moi-même en constater l'avancement et si possible l’inauguration dans les prochaines semaines», a poursuivi le locataire de l'Elysée.

La première visite de François Hollande à Florange lors de la campagne présidentielle de 2012 avait suscité beaucoup d'espoirs parmi les ouvriers sidérurgistes. Il avait alors promis de faire voter une loi contraignant les grandes firmes désireuses de se séparer d'une unité de production à la céder à un repreneur afin d'éviter son démantèlement.

Pour beaucoup d'ouvriers d'Arcelor Mittal cependant, la fermeture des hauts fourneaux de Florange a signé la «trahison» du chef de l'Etat. L'ancien ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg, aujourd'hui candidat à la primaire de la gauche, avait pour sa part plaidé en vain pour une nationalisation temporaire. En 2013, le chef de l'Etat avait promis de se rendre sur le site chaque année. Il n'y est depuis allé à qu'à une seule reprise, en novembre 2014.

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