Quand un maire refuse d'accueillir la ministre de la Culture, dénonçant «un mensonge d’Etat»

Source: AFP

En pleine polémique sur le dispositif de sécurité des grands rassemblements, le maire de Chalon-sur-Saône, Gilles Platret, boudera la ministre Audrey Azoulay, venue assister au festival de spectacles de rue mais aussi pour tenir un «point sécurité».

L'agenda de la ministre de la Culture prévoit un déplacement à Chalon-sur-Saône pour le festival de spectacles «Chalon dans la rue». Mais un autre rendez-vous est également prévu : la ministre doit se rendre à la sous-préfecture pour un «point sur la sécurité du festival en présence des élus».

Et dans le contexte difficile qui entoure les questions de sécurité publique, lié principalement aux répercussions politiques de l'attentat de Nice, le maire de Chalon-sur-Saône, Gilles Platret, ne l'entend pas de cette oreille. 

«Je ne participerai en aucune façon à une telle opération de communication. Je n'ai pas vocation à participer à un mensonge d'Etat», a dénoncé le maire Les Républicains (LR). «Cette visite, préparée depuis 24 heures dans la précipitation la plus totale, a pour but de faire croire à l'opinion publique que le gouvernement est irréprochable pour assurer toute la sécurité nécessaire sur les grands rassemblements de l'été», dénonce le maire.

Le ministère nie toute opération de communication

De son côté, l’entourage de la ministre réfute ces accusations et assure que cette visite, prévue de longue date, doit aussi permettre de «conforter les engagements de l'Etat sur le dossier des arts de la rue».

Se prononçant spécifiquement sur le partenariat établi depuis le 15 juillet entre la municipalité, les services locaux de l'Etat et de la Police nationale, Gilles Platret concède toutefois que le dispositif de sécurité «est en tous points celui que l'on peut souhaiter en pareille circonstance».

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a saisi le 10 juillet l'Inspection générale de la police nationale «d'une évaluation technique du dispositif de sécurité et d'ordre public» en place à Nice le soir de l'attentat du 14 juillet. «A aucun moment» il n'y a eu un «mensonge des autorités» sur le dispositif mis en place ce soir-là, a assuré le préfet des Alpes-Maritimes, Adolphe Colrat.

Malgré les déclarations officielles, la controverse enfle. Plusieurs proches de victimes tombées à Nice ont fait part de leur intention de porter plainte contre l’Etat, la ville et les organisateurs. Ils les accusent de ne pas avoir suffisamment sécurisé l’événement.

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