Avec son film «Peshmergas», BHL prévoit-il la nouvelle lubie de l’Elysée au Moyen-Orient ?

Source: Reuters

Sous l'impulsion du philosophe Bernard-Henri Lévy, la France soutient les Kurdes dans leur offensive contre Daesh. BHL est-il donc incontournable dans la politique étrangère française et est-il le seul à pouvoir témoigner du sort des Kurdes ?

Alors que les forces kurdes sont sur le point de reconquérir la ville chrétienne de Qaraqosh dans le Kurdistan irakien, le film de Bernard-Henri Lévy «Peshmergas» sort ce mercredi 8 juin. BHL est-il le seul à pouvoir témoigner du sort des Kurdes ?

Après s'être invité au festival de Cannes et avant même d'être diffusé en salle, le film poursuit d'ores et déjà une carrière étonnante. C'est ainsi qu'il a été projeté à l'Elysée en avant-première le 22 mai, à l'occasion d'une rencontre assez discrète entre François Hollande et une délégation de Peshmergas de la région du Kurdistan. Selon un communiqué de la Représentation en France du gouvernement régional du Kurdistan-Irak, François Hollande avait réaffirmé que ce que les Peshmergas font, «c’est non seulement pour le Kurdistan, ou pour le Moyen-Orient, mais pour la sécurité du monde». Et que la France continuerait de soutenir les forces peshmerga. En avril, l'Elysée avait annoncé l'envoi d'une «délégation de haut niveau» française pour mieux évaluer les «besoins militaires» des combattants kurdes peshmergas. Le timing du film de BHL semble parfait, et si son succès en salles reste à faire, les médias lui ont déjà donné un écho formidable.

Depuis quelques temps, le philosophe semble avoir embrassé une nouvelle cause et le public français voit d'un seul coup surgir un nouveau combat aux accents humanistes.

Le philosophe est connu pour ses passions successives. On l'a vu tantôt en Libye en 2011, au cri de «sauvez Benghazi», préparer les conditions d'une intervention militaire franco-britannique qui avait mené à l'élimination physique de Khadafi, mais qui a laissé un pays exsangue.

On l'a vu aussi saluer le Printemps arabe en Tunisie et en Egypte et le juger «bon pour Israël». On l'a vu aussi dénoncer le «régime» syrien et condamner Bachar el-Assad. Ailleurs encore, juché sur une tribune à Kiev, saluer la révolution du Maidan en Ukraine en 2014.

Si l'on adopte la grille de lecture selon laquelle les campagnes d'opinion de BHL préparent presque toujours le terrain à des opérations militaires, soit directement, soit par des intermédiaires, force est donc de constater qu'il existe un projet concernant le Kurdistan.

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