Emmanuel Macron commémore Jeanne d'Arc et agace à gauche

Source: AFP

Le ministre de l’Economie s'est livré ce dimanche 8 mai à un coup de communication surprenant, en rendant hommage à Jeanne d’Arc. Une démarche qui suscite de vives réactions dans le monde politique.

Emmanuel Macron a présidé cet après-midi à Orléans les fêtes annuelles d'hommage à Jeanne d'Arc. Selon l’entourage du ministre, ce dernier entend ainsi rattacher la sainte catholique, apanage des souverainistes et du Front national (FN), à l'idéal républicain.

Dans un discours d’un quart d’heure, le ministre de l’Economie a salué le destin et le parcours de la pucelle d’Orléans, non sans y introduire un certain nombre de références à sa propre trajectoire politique. Jeanne d’Arc a «fendu le système» et a «su rassembler la France» a déclaré le ministre, qui a lancé son propre mouvement politique «En Marche !» il y a quelques semaines. Celui qui se déclarait il y a peu «ni de droite ni de gauche», a fait l’éloge d’une Jeanne d’Arc rassembleuse de tous les français : «Elle a rassemblé des soldats de toutes origines. Et alors même que la France n’y croyait pas, se divisait contre elle-même, elle a eu l’intuition de son unité, de son rassemblement». Derrière l’hommage historique sont apparues en filigrane des allusions aux ambitions politiques du jeune ministre.

Critiques de la gauche, ironie de la droite

Un hommage qui a suscité des réactions diverses et variées de la classe politique. A gauche, le ministre a subi les foudres du président du Mouvement des Jeunes Socialistes Benjamin Lucas. «On attend du ministre de l'Economie qu'il s'occupe de l'économie et pas qu'il fasse un plan de communication avec divers épisodes : aujourd'hui c'est Jeanne d'Arc, il y a quelques jours c'était un lancement de mouvement à Amiens en expliquant que la gauche et la droite peuvent gouverner ensemble», a fustigé Benjamin Lucas. «Je ne souscris pas du tout à ce genre de discours», a ajouté le jeune responsable socialiste.

Interrogé sur ce que représente Jeanne d'Arc pour la gauche, le président du MJS a répondu : «ça peut parler, l'idée d'une jeune femme qui prend les armes pour défendre son pays, mais aujourd'hui, on a besoin de réponses concrètes et quotidiennes aux problématiques qui se présentent tous les jours sur les discriminations, le logement... .» Selon lui, Emmanuel Macron «ferait mieux de ne pas jouer une communication personnelle pour des ambitions qui lui sont propres».

A l’Assemblée Nationale, le nouveau coup politique et médiatique du ministre n’a pas laissé indifférent bon nombre de parlementaires. Pour Philippe Gosselin, député de la Manche, «certains se disent "En Marche !" et s’imaginent marcher sur les eaux». Son confrère de droite Thierry Mariani, renchérit avec ironie «Je me souviens d’une époque où quand l’on célébrait les grands personnages historiques, beaucoup à gauche nous accusait d’être d'horribles nationalistes». Pouria Amirshahi, député socialiste des français de l’étranger, n’a quant à lui pas masqué son exaspération « je ne commenterais pas, je ne suis pas là pour donner de la nourriture au story telling de monsieur Macron ».

Même son de cloche du côté de la Mairie de Paris, où la Maire, Anne Hidalgo a déclaré «avoir rien à battre» de la commémoration du ministre. Une petite phrase révélatrice de l’agacement d’une partie la gauche.

Emmanuel Macron peut heureusement pour lui compter sur le soutien d’une figure de la gauche et du gouvernement, Ségolène Royal, qui a approuvé son initiative. «Jeanne d'Arc, c'est le patrimoine national, il y a une dizaine d'années, je suis allée à Orléans pour célébrer Jeanne d'Arc», a répondu sur France 2 la ministre de l'Ecologie.

Selon elle, «c'est une figure éminente de l'histoire de France, qui appartient à tous les Français, qui a longtemps été captée par le Front national». «C'est une histoire de femme extrêmement courageuse, incroyable. Jeanne d'Arc, ce ne sont que des références positives : le courage, la volonté, la jeunesse, l'engagement, la vision, le sacrifice, il y a beaucoup de choses», a précisé l'ancienne candidate à l'élection présidentielle de 2007.

Sur les réseaux sociaux, un coup de communication propice à la dérision

Sur Twitter, les réactions ne se sont pas fait attendre, et comme bien souvent, c’est sur le registre de l’humour que les internautes ont exprimés leur opinion sur le sujet.

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