Budget 2026 : le Parlement piégé dans un interminable jour sans fin
© Getty ImagesLe budget 2026 revient à l’Assemblée dans un climat de blocage similaire à l’automne. Le gouvernement ajuste sa copie mais refuse encore le recours au 49.3. L’impasse politique fait craindre un dérapage durable des finances publiques.
Trois mois après une première tentative avortée, le budget revient dans l’Hémicycle avec les mêmes lignes de fracture, les mêmes blocages et le même risque de rejet. En commission, le 10 janvier, les deux volets du texte ont déjà été repoussés à titre consultatif, confirmant l’impasse.
À Bercy, le gouvernement a une nouvelle fois tenté de relancer le dialogue. Lundi 12 janvier, une réunion de deux heures s’est tenue avec plusieurs députés spécialistes du budget. Mais, comme la semaine précédente, les communistes et les écologistes ont décliné l’invitation, et aucun compromis décisif n’a émergé.
Les socialistes ont rappelé leurs priorités – pouvoir d’achat, jeunesse, transition écologique et logement – tout en reconnaissant que les positions restent éloignées, notamment avec la droite. Même constat chez Les Républicains, pour qui « le compromis n’est pas encore là ».
Plus de 3 400 amendements à examiner en 10 jours
Face à l’enlisement, la pression monte pour un recours à l’article 49.3. Sébastien Lecornu s’y refuse pour l’instant, préférant poursuivre la navette parlementaire et brandir, en arrière-plan, la menace d’une dissolution. À Bercy, on estime que les élus ne sont pas encore prêts à accepter un accord global. D’ici là, plus de 3 400 amendements devront être examinés en une dizaine de jours.
Le gouvernement tente toutefois d’ajuster sa copie. Sur la taxation des grandes entreprises, il propose désormais une contribution de 6,3 milliards d’euros, un point médian entre les exigences de la gauche et la suppression votée par le Sénat. Autre geste envers les socialistes : l’abandon de la hausse des taxes sur le renouvellement des titres de séjour. À l’inverse, pour séduire la droite, un amendement prévoit l’indexation de l’ensemble du barème de l’impôt sur le revenu sur l’inflation.
Pour le reste, l’exécutif cherche surtout à revenir à sa version initiale, largement remaniée par les sénateurs. Logement, biogaz, culture ou finances locales : autant de sujets où les désaccords persistent. Dans ce climat d’incertitude, économistes et autorités monétaires alertent déjà sur le risque de voir le déficit public rester au-delà des 5 % du PIB, exposant la France à une perte de crédibilité financière. À force de tourner en rond, le « jour sans fin » budgétaire pourrait finir par inquiéter bien au-delà de l’Hémicycle.