Menaces de sanctions américaines : la justice française dénonce une « ingérence inacceptable »
© Getty ImagesLa justice française s’inquiète de possibles sanctions américaines visant des magistrats ayant jugé Marine Le Pen. Le président du tribunal judiciaire de Paris dénonce une ingérence étrangère « intolérable ». L’affaire ravive les tensions diplomatiques autour de l’indépendance judiciaire.
Le président du tribunal judiciaire de Paris, Peimane Ghaleh-Marzban, a vivement mis en garde, mardi 6 janvier, contre une possible « ingérence inacceptable et intolérable » après la révélation de menaces de sanctions américaines visant des magistrats français.
Ces pressions, rapportées par l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, concerneraient des juges ayant traité le dossier pénal du Front national, devenu Rassemblement national, et notamment ceux qui ont condamné Marine Le Pen en mars dernier.
Trump en soutien de Marine le Pen
Selon ces informations, l’administration Trump aurait envisagé des mesures de rétorsion à l’encontre des magistrats du tribunal correctionnel de Paris impliqués dans cette affaire. Marine Le Pen, le RN en tant que personne morale et onze autres prévenus sont poursuivis pour des soupçons de détournement de fonds du Parlement européen au profit exclusif du parti. Le procès en appel est prévu devant la cour d’appel de Paris du 13 janvier au 12 février 2026.
S’exprimant lors de la cérémonie d’installation de nouveaux magistrats, Peimane Ghaleh-Marzban a averti que si de telles sanctions étaient confirmées ou mises en œuvre, elles constitueraient une atteinte grave à la souveraineté judiciaire française, appelant une réaction ferme des pouvoirs publics.
Il a également évoqué le cas de Nicolas Guillou, magistrat français à la Cour pénale internationale, visé depuis août par des sanctions américaines. Ce dernier est notamment en charge du dossier du mandat d’arrêt visant le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou.
Le président du tribunal a estimé nécessaire de « s’élever contre la possibilité même » que des pressions étrangères puissent être exercées sur des juges français. En mars, Donald Trump avait déjà comparé la condamnation en première instance de Marine Le Pen – quatre ans de prison dont deux ferme, 100 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité – à ses propres ennuis judiciaires, ravivant les tensions autour de cette affaire sensible.