En France, des personnalités et associations dénoncent «l'inaction» gouvernementale face à l’inceste

En France, des personnalités et associations dénoncent «l'inaction» gouvernementale face à l’inceste© psychologue.net
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Cinq ans après le lancement de #MeTooInceste, un collectif de personnalités ainsi que l’association Face à l’inceste, publient une tribune dans Le Monde pour fustiger les promesses non tenues d’Emmanuel Macron. Ils réclament une action «systémique» contre ces violences qui toucheraient des millions d’enfants.

Dans une tribune parue le 5 janvier dans le journal Le Monde, l’association Face à l’inceste et des personnalités comme Camille Kouchner, Cyril Dion et Alexandra Lamy, poussent un cri d’alarme sur l’échec des pouvoirs publics à protéger efficacement les victimes d’inceste, malgré les engagements présidentiels de 2021.

Un bilan accablant cinq ans après #MeTooInceste

La publication de La Familia grande par Camille Kouchner en janvier 2021 avait libéré une vague de témoignages sous le hashtag #MeTooInceste, révélant l’ampleur du phénomène : selon un sondage Ipsos pour Face à l’inceste, 11 % des Français déclarent avoir subi une situation incestueuse, soit environ trois enfants par classe. Emmanuel Macron avait alors promis d’adapter le droit pour mieux protéger les mineurs, lançant la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise), une institution dont l’existence a été prolongée jusqu’en 2026. Pourtant, les signataires de la tribune, parmi lesquels l’auteur Vanessa Springora, l’humoriste de gauche Guillaume Meurice, les actrices Andréa Bescond et Anouk Grinberg, ou encore la patineuse Sarah Abitbol et le co-fondateur de l’association Mouv’Enfants Arnaud Gallais, déplorent des « réponses cosmétiques et fragmentées ». Ils évoquent l’absence de coordination entre acteurs policiers, judiciaires, médicaux et sociaux. « L’inaction n’est rien d’autre qu’un choix politique », affirment-ils, soulignant que des mères protectrices sont encore condamnées pour soustraire leurs enfants à un père agresseur, tandis que des victimes adultes voient leurs plaintes prescrites.

Le gouvernement est accusé d’avoir supprimé le ministère de l’Enfance et « dévitalisé » la Ciivise, laissant les enfants contraints de cohabiter avec leur agresseur pendant les enquêtes, qui durent en moyenne cinq ans. Les conséquences sociétales sont chiffrées à au moins 10 milliards d’euros par an, selon la Ciivise, un coût évitable par des investissements en prévention et formation.

Parallèlement, des initiatives parlementaires émergent.

La sénatrice Union Centriste Annick Billon a déposé une proposition de loi visant à la pleine reconnaissance de l'inceste et à l'imprescriptibilité des crimes sexuels sur mineurs

Le texte met en lumière le « vide juridique structurel » : sur 160 000 enfants victimes annuelles de violences sexuelles, dont 77 % intrafamiliales, moins de 1 % aboutissent à une condamnation. Cette commission évaluerait la prise en compte de la parole de l’enfant, les classements sans suite et le maintien de l’autorité parentale pour les auteurs présumés.

Ces évolutions, seraient soutenues par 90 % des Français selon l’association Face à l’Inceste.

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