François Bayrou et ses conventions citoyennes : un débat sur l’identité nationale entre rejet et indifférence
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François Bayrou lance ses conventions citoyennes pour définir «qu’est-ce qu’être français», mêlant libertés, devoirs et laïcité. Une initiative qui suscite des réactions d’hostilité et d’indifférence de la part des oppositions, aussi bien à gauche qu’à droite.
«Ce genre de manœuvre grossière ne fonctionne plus. Les Français en ont assez d’être baladés de grands débats en conventions citoyennes ! Ils attendent des DÉCISIONS en matière d’immigration. Ce gouvernement doit arrêter de bavarder et se mettre à gouverner». Marine Le Pen n’a pas manqué de critiquer les annonces du Premier ministre François Bayrou, qui s’est exprimé sur ses «conventions citoyennes» sur l’identité nationale dans un entretien accordé au Figaro le 27 février 2025.
Ce genre de manœuvre grossière ne fonctionne plus. Les Français en ont soupé d’être baladés de grands débats en conventions citoyennes ! Ils attendent des DÉCISIONS en matière d’immigration. Ce gouvernement doit arrêter de bavarder et se mettre à gouverner. https://t.co/xdGqkVXtKk
— Marine Le Pen (@MLP_officiel) February 28, 2025
Le chef du gouvernement a dévoilé dans le quotidien son projet de «conventions citoyennes» pour débattre de l’identité nationale française, un processus qui doit débuter dès le premier semestre. Il y expose sa vision de ce qu’est «être français». Un débat qui ne plaît pas aux oppositions.
«Enfumage», «débat malsain» : un débat qui fait débat
Christine Gavalda Moulenat, élue et juriste des Républicains (LR), parti intégré au «socle commun», c’est-à-dire à la coalition au pouvoir, a dénoncé sur son compte X : «Les conventions citoyennes ne sont qu’un enfumage. En démocratie, ce sont les représentants du peuple, élus par lui, qui décident. Pas des panels tirés au sort».
Les conventions citoyennes ne sont qu’un enfumage.
— Christine Gavalda Moulenat (@CMoulenat) February 28, 2025
En démocratie, ce sont les représentants du peuple, élus par lui, qui décident. Pas des panels tirés au sort. @AssembleeNathttps://t.co/QERa9MnDwp
À gauche, si le Parti socialiste a affirmé, par la voix de son Premier secrétaire, qu’il participerait aux débats, les Insoumis ont rapidement écarté cette hypothèse. Le 19 février, la députée Sarah Legrain avait ainsi dénoncé : «Droit du sol, identité nationale… La Macronie court après l’extrême droite».
Droit du sol, identité nationale… La Macronie court après l’extrême-droite.
— Sarah Legrain (@S_Legrain) February 17, 2025
Le PS aurait dû censurer Bayrou et Retailleau quand c’était vraiment possible.
Il n’aurait jamais dû mettre le doigt dans le débat malsain sur l’immigration.
À la @FranceInsoumise, nous tenons bon ! pic.twitter.com/id9JX0FvwX
De nombreuses personnalités politiques ont passé sous silence les déclarations du Premier ministre, alors qu’une initiative similaire avait déjà eu lieu sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, il y a près de 20 ans. La question a peu été évoquée par les élus du centre. Le député Charles Rodwell est l’un des rares à s’être enthousiasmé pour ces conventions, estimant que «François Bayrou a raison d’ouvrir ce débat fondamental».
Dans son entretien au Figaro, le Premier ministre a souligné que la question «qu’est-ce qu’être français» concerne, selon lui, autant les natifs que les nouveaux arrivants. Pour le chef du gouvernement, cette identité repose sur les «trois vertus républicaines» – liberté, égalité, fraternité – enrichies par «la laïcité et le contrat social». Il insiste : «La laïcité philosophique et religieuse est une immense conquête, terriblement contestée sur la planète».
Les conventions citoyennes sur l’identité doivent démarrer au cours du premier semestre. Ses participants seront tirés au sort. Elles devraient être suivies de sessions de travail et aboutir à un rapport final remis au gouvernement, potentiellement en juin ou juillet 2025.