Premier mai : une association de policiers alerte sur la militarisation de l'ultragauche (EXCLUSIF)

Premier mai : une association de policiers alerte sur la militarisation de l'ultragauche (EXCLUSIF)© Christian Hartmann Source: Reuters
Des membre du black bloc tiennent une barricade à Paris, le 1er mai 2018, illustration

Gilets pare-balles, boucliers tactiques, cocktails à l'acide : l'association UPNI a confié à RT France ses craintes face aux organisations d'ultragauche qui passent les frontières et s'illustrent lors d'affrontements avec les forces de l'ordre.

Après la flambée de violence qui a embrasé la manifestation du Premier mai à Paris, l'Union des policiers nationaux indépendants (UPNI) tire le signal d'alarme : «En pleine menace terroriste, on a 1 200 personnes cagoulées qui pénètrent dans la capitale française. Ils sont identifiés et repérés, mais on les laisse faire», alerte un membre du bureau de cette association de gardiens de la paix qui a répondu aux questions de RT France.

RT France : Selon les déclarations du syndicat Unsa-Police, les ordres sont venus tardivement pour intervenir à l'encontre des casseurs du Premier mai. Le préfet de police de Paris Michel Delpuech réfute cette thèse et ajoute qu'il fallait protéger «un millier» de «badauds» et de «curieux» qui s'interposaient entre les belligérants et les forces de l'ordre. Accordez-vous du crédit à cette explication ?

UPNI : Ce n'est pas du tout crédible. Par ailleurs, les services de renseignements savent très bien qui participe à ces manifestations. Ces individus dangereux laissent également des traces derrière eux. On a de la chance d'avoir si peu de blessés : des cocktails à l'acide ont été retrouvés après l'intervention.

RT France : Les casseurs sont-ils mieux organisés qu'auparavant ?

UPNI : C'est un problème d'ampleur européenne, avec des individus qui viennent notamment des Pays-Bas, de Belgique et d'Allemagne. Il y a une structure organisée qui ressemble plus à un groupe armé qu'à un groupuscule à ce stade. D'ailleurs, ce sont les mêmes qu'à Notre-Dame-des-Landes. On le sait parce qu'on reconnaît leurs modes opératoires et leur armement, notamment les systèmes de mise à feu des engins explosifs qui ne sont pas de simples cocktails Molotov, mais qui ressemblent de plus en plus à du matériel de type militaire.

RT France : Leur armement a-t-il changé ?

UPNI : Oui, leur matériel est de plus en plus sophistiqué. Ils ont des gilets pare-balles et des boucliers tactiques, notamment. Ce type de matériel est plutôt utilisé par le grand banditisme en général et laisse à penser que ces personnes peuvent éventuellement tirer à balles réelles, sinon pourquoi voudraient-ils se protéger de la sorte ? Pour information, lors d'une manifestation, on ne tire plus à balles réelles en France depuis plus de 50 ans.

RT France : Dans les manifestations, l’ultragauche fait-elle plus de dégâts que l’ultradroite dorénavant ?

UPNI : Bien sûr. On a plus de policiers blessés par les formations d'ultragauche depuis cinq ans, surtout que presque tous les groupes de l'ultradroite ont été dissous. On a parfois quelques problèmes avec les hooligans lors des événements de football, éventuellement. Mais dès qu'il y a une manifestation liée à l'ultragauche, on sait qu'il va y avoir du grabuge. Résultat : on a eu des collègues brûlés aux jambes et au visage, d'autres ont perdu une partie de leur audition, etc.

C'est ce qui est incompréhensible pour nous : lorsque ces manifestations dégénèrent, l'Etat ne s'attaque pas aux organisateurs. C'est pourtant prévu par la loi : à chaque manifestation, leur parcours est planifié et les responsables s'engagent à assurer leur service d'ordre pour empêcher les débordements. Dans le cas contraire, ils devraient être comptables devant la loi et sanctionnés. Mais encore une fois, ce sont les contribuables qui paieront pour la casse !

Lire aussi : Violences du 1er mai : un syndicat policier dénonce «des failles» et des ordres donnés tardivement

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