TTIP : et si l'affaire Volkswagen affaiblissait l'Europe dans ses négociations avec les Etats-Unis ?

© Stefan Wermuth Source: Reuters

Alors que l'Union européenne dénonce le manque de «réciprocité» des Etats-Unis dans le cadre des négociations du grand marché de libre-échange transatlantique, le scandale des moteurs truqués de la firme allemande fait tache, s'inquiète Bruxelles.

«J'ai passé beaucoup de temps à expliquer aux Américains qu'en Europe nous avions les normes environnementales les plus strictes», explique Cecilia Malmström, en charge des négociations pour l'Union européenne au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, avant de poursuivre: «et maintenant il apparaît que nous ne sommes pas parfaits».

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Selon la commissaire européenne en charge du commerce, le scandale des moteurs truqués de la firme automobile Volswagen pourrait donc porter préjudice aux négociations en cours sur le traité de libre-échange transatlantique (TTIP).

En effet, depuis 2013, l'Europe et les Etats-Unis tentent en effet de se mettre d'accord sur la création d'un vaste marché permettant les échanges de biens sans devoir s'acquitter de droits de douane entre les côtes européennes et américaines de l'Atlantique, ce qui constituerait le plus grand marché du monde.

Ces négociations, qui se déroulent dans le plus grand secret, font l'objet d'une vive opposition au sein de certains pays concernés par cet accord. Des associations en France, mais aussi en Allemagne – autre pays à la pointe de la lutte contre le TTIP – dénoncent la standardisation des normes environnementales et industrielles que tentent d'imposer les Etats-Unis. Mais la tricherie qu'a dissimulé un grand constructeur automobile européen pourrait affaiblir les positions de l'Europe dans les négociations qui ont cours à l'heure actuelle.

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Aussi, pour calmer le jeu, le nouveau patron de constructeur automobile allemand Volkswagen, Matthias Müller, devrait se rendre très rapidement aux Etats-Unis, peut-être même cette semaine croit savoir le magazine allemand Der Spiegel.

En devançant ainsi la convocation de la justice américaine – c'est en effet aux Etats-Unis que le scandale a éclaté la semaine dernière – la firme allemande tente d'apaiser la grogne venue d'outre-Atlantique en faisant preuve «d'humilité».

Une stratégie de la tête basse, développée également à domicile. Volkswagen a ainsi acheté dimanche des pleines pages de publicité dans les plus grands journaux allemands. Une phrase écrite en noir sur fond blanc, avec en bas en petit le logo VW : «Nous ferons tout pour regagner votre confiance».

Il y a maintenant deux semaines, le géant de la construction automobile reconnaissait avoir truqué 11 millions de véhicules équipés de moteurs diesel dans le monde, en les munissant d'un petit logiciel capable de diminuer les rejets de particules au moment des tests. C'est une association américaine qui a découvert le pot aux roses.

 

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