La France va débourser 15 milliards d’euros pour soutenir l'industrie aéronautique

Avec la création de plusieurs fonds d’investissements, la mise en place de prêts garantis, et l’anticipation de commandes pour la Défense et divers services de l’Etat, le secteur aéronautique va bénéficier de près de 15 milliards d’euros d’aides.

Après un programme de soutien financier au secteur du tourisme d’un montant de 18 milliards d'euros et un autre de 8 milliards au bénéfice de l’industrie automobile, le ministre de l’Economie et des Finances a annoncé, en début de semaine, «un effort total de 15 milliards d’euros de la nation» au bénéfice du secteur de l’aéronautique.

En plus d’un prêt garanti de 7 milliards accordé à l’alliance Air France-KLM, un fonds d'investissements doté de 500 millions d’euros verra le jour et sera opérationnel dès cet été. Il servira à renforcer en fonds propres les entreprises en difficulté afin de les protéger contre des rachats par des entreprises étrangères.

La banque publique BpiFrance y contribue à hauteur de 200 millions d'euros, les grands du secteur également (Airbus 116 millions, Safran 58 millions, Dassault 13 millions et Thales 13 millions) et au moins 100 millions au moins par le gestionnaire de fonds qui sera choisi par appel d'offres, selon Bruno Le Maire. Ce fonds doit permettre de lever à terme un milliard d'euros.

Un fonds dit de «modernisation» d’un montant de 300 millions d'euros sur trois ans sera aussi créé pour accompagner la modernisation des usines et la transformation écologique de la filière aéronautique.

1,5 milliard d'euros de financement public sur les trois prochaines années (300 millions en 2020, 600 millions en 2021 et 2022) sera également alloué à la recherche via le Conseil pour la recherche aéronautique civile (CORAC) qui regroupe tous les acteurs du secteur. Il doit permettre à l’industrie aéronautique de parvenir d’ici à 2035 à la création d’aéronefs n'émettant pas de CO2 en ayant notamment recours au moteur à hydrogène.

600 millions d'euros de commandes anticipées pour l'armée

Enfin, des commandes prévues plus tardivement dans la Loi de programmation militaire (LPM) 2019-2025 seront passées dès cette année pour un montant de plus de 600 millions d'euros afin de donner de la charge aux industriels et de préserver 1 200 emplois pendant trois ans.

300 millions d’euros de commandes seront passées à Airbus pour commencer à remplacer les Super Puma de l'Armée de l'air, vieux de 43 ans en moyenne, par huit hélicoptères Caracal. L’Etat dépensera aussi 200 millions d’euros pour l’achat de trois Airbus A330 (deux d'occasion, un neuf) destinés à remplacer les A310 et A340 vieillissants de la flotte gouvernementale. Ces derniers resteront en version civile puis seront transformés en avions-ravitailleurs après 2025. La commande, pour un montant de 60 millions d’euros, d'un avion léger de surveillance et de renseignement auprès de Sabena Technics, Thales et plusieurs PME, initialement prévue pour 2024, sera avancée à 2021.

La Défense devrait aussi concrétiser la commande déjà connue d'un système de drone aérien de la marine (SDAM), sorte d'hélicoptère de reconnaissance non habité embarqué sur une frégate, et de mini-drones embarqués (SMDM) pour un coût de 50 millions d'euros.

A ces commandes anticipées s’ajoutent celle de deux hélicoptères HC-145 (32 millions d'euros) et de 10 futurs HC-160 (200 millions d'euros) au profit de la gendarmerie et de la sécurité civile. Ces deux hélicoptères représentent l'équivalent de 640 emplois pendant trois ans.

En outre, l’Etat renforcera ses garanties publiques à l'exportation via Bpifrance Assurance Export, pour permettre aux industriels d'être payés en cas de défaut du client. Un moratoire de 12 mois sur les remboursements des crédits à l'exportation accordés aux compagnies aériennes, représentant un gain de trésorerie de 1,5 milliard d'euros pour les compagnies, sera aussi mis en place.

Enfin, est à l’étude une proposition au sein de l'OCDE d'assouplir temporairement les modalités de remboursement des nouveaux achats d'avions Airbus par les compagnies aériennes en portant de 6 à 18 mois le délai avant de commencer à rembourser leur crédit à l'export.

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