La dette grecque est fortement sous-évaluée, d'après un rapport confidentiel du FMI

C.Lagarde (G), directrice générale du FMI et E.Tsakalotos (D), ministre des Finances grec (D).© François Lenoir Source: Reuters
C.Lagarde (G), directrice générale du FMI et E.Tsakalotos (D), ministre des Finances grec (D).

Un rapport confidentiel du FMI, dévoilé par Reuters, montre ce que l'Europe n'a pas vu : la dégradation incontrôlée de la dette grecque ces deux dernières semaines, alors que les banques et l'économie hellènes étaient à l'arrêt.

C'est bien pire qu'on ne le pense. Une mise à jour de l'analyse de la dette grecque a été transmise à l'Eurogroupe, lundi 13 juillet, plusieurs heures après que les 19 membres du sommet soient tombés d'accord sur un nouveau plan d'aide de 86 milliards d'euros, en échange de mesures d'austérité et de réformes structurelles.

Dans ce rapport, le Fonds Monétaire International (FMI) explique que «la détérioration dramatique de la dette [grecque] indique un besoin de renflouement bien plus important que celui pris en compte à ce jour – et que le MES a accepté de prendre en charge». En d'autres termes : le nouveau plan d'aide du Mécanisme Européen de Stabilité (MES) se base sur des chiffres obsolètes. La dette grecque, au cours de ces dernières semaines de négociations avec ses créanciers, s'est encore creusée, notamment à cause des conséquences des pourparlers. La fermeture des banques par exemple, et la détérioration des indices de la bourses à l'échelle mondiale, ont participé à l'aggravation de la situation d'Athènes. Le nouveau plan d'aide de la troïka (Union Européenne, Banque Centrale Européenne et Fonds Monétaire International), se baserait donc sur une analyse dépassée de la dette grecque.

Selon le rapport, il faudrait que l'UE donne à la Grèce une période libre de dettes de 30 ans. Trois décennies durant lesquelles Athènes n'aurait à payer ni ses dettes, ni les intérêts sur ses emprunts. Si la troïka n'y est pas disposée, il lui faudra alors accepter des plans d'aide annuels, sur lesquels les intérêts de remboursement seront quasi-nuls. Deux perspectives qui semblent aujourd'hui inacceptables pour les pays de la zone euro.

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