Testées par les réfugiés en Irak, les maisons du futur en kit débarquent en France

Testées par les réfugiés en Irak, les maisons du futur en kit débarquent en France© capture d'écran Logelis
Des ouvriers irakiens devant le village de réfugiés chrétiens construit par Logelis à Erbil.

Des maisons en kit nouvelle génération alimentées par des panneaux solaires, ont été présentées le 14 septembre par une entreprise française de construction. Construites pour les réfugiés en Irak, elles pourraient aussi intéresser... les bobos.

Et si les nouvelles maisons en panneaux composites, écologiques, peu coûteuses, qu’on monte en quelques heures, étaient les habitations du futur ? Des qualités qui pourraient séduire les foyers modestes, mais pas seulement. Ainsi, tant les «bobos» que les réfugiés victimes de catastrophes autour du monde, en demande d'abris temporaires, sont visés par le marché. Le 14 septembre, à Mours-Saint-Eusèbe (Drôme), la start-up Logelis, qui construit de telles habitations, a dévoilé un concept de maison d'architecte modulaire, autonome en énergie reliée à des panneaux solaires, à laquelle on peut ajouter, entre autres, des pièces ou un garage. Un principe : de «l’écolow cost» de qualité, une structure basée sur des panneaux de polyuréthane, à la fois murs et isolants, à clouer. Le coût d'une maison de ce type démarrant à 116 000 €, avec un prix de 870 € le m2 hors taxe.

«Nous voulions baisser significativement les coûts de construction, en permettant aux gens qui n'ont aujourd'hui pas les moyens d'acheter, de devenir propriétaires», assure à l'AFP Renaud Sassi, fondateur de Logelis.

Les réfugiés chrétiens en Irak, parmi les premiers à tester

Ce genre de maisons, qui pourrait être le rêve des familles modestes, l’a d'abord été pour un autre type de population : les chrétiens d’Orient. En effet, la souplesse et la rapidité de montage des maisons de cette entreprise ont séduit l’association «L’Œuvre d’Orient», qui vient au secours des chrétiens déplacés par la guerre en Irak. «Ces réfugiés ont d’abord vécu dans des camps de toile, qui n'étaient pas formidables… L’Œuvre a donc financé ces maisons démontables et bien isolées», explique Philippe Alquier, chargé de mission à «L’Œuvre d’Orient», qui s'est confié a RT France. «En effet en Irak, la température grimpe à 50 degrés l’été et il gèle en hiver. Ces maisons sont confortables, propres et fonctionnelles», poursuit-il. Ce sont les réfugiés eux-mêmes, formés par l'entreprise, qui les ont construites. «L’Œuvre d’Orient» avait twitté la bonne nouvelle avant l'ouverture.

Que ce principe de maison transportable, en kit, puisse séduire les Français, Philippe Alquier le conçoit : «On construit bien des logements dans des containers aménagés, et à mon sens, ce type de maison en panneaux est d’excellente qualité.»

Des maisons en kit pour victimes de catastrophes... et pour bobos ?

Ménages français modestes, réfugiés irakiens, et bientôt écoliers de Saint Martin : Logelis va aussi contribuer à la reconstruction de Saint Martin dévastée par l’ouragan Irma, en livrant 6 salles de classe, aux panneaux renforcés, dont la structure peut résister à des vents à 300 km/h. Et des usines de Logelis ouvriront en 2018 au Maroc, à Dubaï et en Arabie saoudite, l'entreprise visant 35 millions de chiffre d'affaires l'année prochaine.

Les micro-maisons, qui viennent au secours des sinistrés de tout bord, sont même fabriquées par de grandes entreprises telles qu'Ikéa, qui a développé pour les camps de réfugiés en Irak des abris en kit à 1 060 € pièce.

Le mouvement des micro-maisons de secours, les « tiny houses », a démarré aux Etats-Unis à la suite de l'ouragan Katrina et de la crise immobilière de 2007. Cette tendance d'habitat a même un site dédié. En Europe, le phénomène a démarré dans les années 90 lorsqu’Ikéa et son partenaire Skanka ont inventé des concepts de maisons livrables en camion, à construire clé en main.

Si ce modèle, qui démarre aux alentours de 8 000 euros, s'adresse aux classes populaires, d'autres ciblent une clientèle légèrement plus aisée et en quête originalité. Une floraison de start-ups françaises ou internationales comme Creativo, Tiny heirloom ou Popup house se sont en effet spécialisées dans la maison légère, montable rapidement, et moins chère qu'une construction traditionnelle. Muji a commercialisé sa maison en kit entre 22 000 et 38 000 €. Le marché de la petite habitation vise tous les publics occidentaux... et même les bobos. Les constructions plus sophistiquées peuvent atteindre jusqu'à 4 500 € du m2 comme le modèle P.A.T.H. de Philippe Starck.

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