Selon Christine Lagarde, le FMI a été un «impitoyable diseur de vérité» sur la Grèce

Selon Christine Lagarde, le FMI a été un «impitoyable diseur de vérité» sur la Grèce Source: Reuters
Christine Lagarde, impitoyable diseuse de vérité ?

Le Fonds monétaire international a joué le rôle de «diseur de vérité» en établissant son diagnostic économique sur la Grèce, pourtant contesté à la fois par Bruxelles et Athènes, a affirmé le 8 février sa directrice générale, Christine Lagarde.

«Nous avons essayé, en toute honnêteté, d'être des impitoyables diseurs de vérité», a déclaré la patronne du FMI à Washington au lendemain de la publication d'une évaluation de l'économie grecque, sous perfusion internationale depuis 2010.

Le FMI juge dans ce document que la dette grecque est «intenable» et «explosive». D’autre part, l’organisme, basé à Washington, doute sérieusement de la capacité du pays à dégager un excédent primaire de 3,5% du produit intérieur brut, conformément à l'objectif assigné par les Européens.

Clash FMI - Zone euro ?

Le diagnostic du docteur FMI n’a, sans surprise, pas du tout plu à Athènes. Mais cette-fois, la zone euro l’a également contesté. Ils ont jugé que l'alarmisme du FMI ne reflétait pas l'amélioration de la situation chez les Hellènes.

La Grèce «se dirige vers une reprise économique solide», a ainsi estimé le ministre grec des Finances Euclide Tsakalotos. «Après des années de récession prolongée, des premiers signes de croissance robuste, de taux de chômage en baisse et de confiance croissante dans le pays ont commencé à apparaître.»

Visiblement, Christine Lagarde a pris la mesure de ces critiques. Dans un geste d'apaisement, elle a justifié l’analyse du FMI par une volonté de pousser la Grèce à réformer son économie.

«Nous avons dit que certaines réformes seraient annoncées, que d'autres n'avaient pas été finalisées ou qu'elles n'avaient pas abouti aux bienfaits attendus», a expliqué la dirigeante lors d'un colloque à l'Atlantic Council.

Suivant une procédure habituelle, le Fonds monétaire international conditionne sa participation financière à de nouvelles réformes économiques. Le système de retraite est particulièrement dans son viseur. En outre, il compte sur l'engagement de la zone euro d'alléger la dette du pays pour la ramener à un niveau «soutenable».

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