CETA : le wallon Paul Magnette remet une «déclaration» à Juncker et menace de suspendre l’accord

CETA : le wallon Paul Magnette remet une «déclaration» à Juncker et menace de suspendre l’accord© Emmanuel Dunand Source: AFP
Le ministre-président wallon Paul Magnette fait vent de ses critiques contre le CETA, après son approbation par le parlement régional

Menaçant d’activer une clause de suspension du traité de libre-échange entre l'UE et le Canada (CETA), le ministre-président de la région belge de Wallonie réclame plus de transparence, et il l’a fait savoir au président de la Commission européenne.

Serait-ce le début d’une nouvelle saga pour l’accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Canada (CETA) ? Après s’être opposé mi-octobre à la ratification du texte, puis l’avoir finalement accepté le 28 du même mois avec des «amendements», le ministre-président de Wallonie, Paul Magnette, a assuré à l'agence de presse Belga : «Il ne faut pas jouer avec les pieds des Wallons.»

Dans son élan, le socialiste belge a fait savoir au cours d'une conférence de presse, le 2 décembre, qu’il avait remis au président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, un texte qu’il a baptisé «Déclaration de Namur», afin de lui proposer des évolutions dans la manière de négocier les traités.

«Il n'y a pas eu moyen d'ouvrir une discussion» avec la Commission européenne, «convaincue a priori des bienfaits du commerce», a-t-il déploré,  ajoutant : «Le CETA sera très bon pour l'Allemagne, pour la Flandre et, dans une moindre mesure, pour la France. Mais quid pour l'Italie ou pour la Wallonie ? On n'y a pas assez réfléchi, à mon sens.»

«Il faut obliger la Commission européenne à ouvrir un débat sur à quoi sert le commerce et comment faire en sorte qu'il ne soit pas utilisé pour éroder les normes» sociales, environnementales et commerciales, a poursuivi Paul Magnette, prônant des négociations «plus démocratiques» et moins secrètes.

Magnette menace de suspendre l’accord

La veille, le ministre-président avait accusé le Premier ministre belge, Charles Michel, de faire «une interprétation malhonnête» des engagements qui avaient été pris vis-à-vis de la Wallonie au cours des négociations intra-belges sur le traité.

«S'il s'avère qu'il est de mauvaise foi, je demanderai au Parlement wallon d'activer la clause de suspension du traité», avait mis en garde Paul Magnette, assurant qu’une telle possibilité existait.

Par ailleurs, le socialiste avait ajouté que l’accord obtenu stipulait que la Belgique devait demander l'avis de la Cour de justice de l'Union européenne quant à la compatibilité du CETA avec les traités européens existants. Faute de quoi le Parlement wallon ne ratifiera pas le texte, a mis en garde Paul Magnette.

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