Algérie : le FMI salue la croissance, mais alerte sur les déficits

Algérie : le FMI salue la croissance, mais alerte sur les déficits© Chip Somodevilla Source: Gettyimages.ru
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Au terme de sa mission de consultation en Algérie, le FMI a fait état de perspectives positives à court terme, avec une croissance attendue à 3,8 % en 2026. L’institution pointe toutefois plusieurs fragilités, notamment l’inflation, les déficits budgétaires élevés, la dépendance aux hydrocarbures et la nécessité de renforcer le secteur privé.

Une équipe du Fonds monétaire international (FMI), dirigée par Charalambos Tsangarides, a séjourné à Alger du 16 au 30 juin dans le cadre de la mission de consultation menée au titre de l’article IV pour l’année 2026. Dans un communiqué publié le 6 juillet, l’institution financière a dressé un état des lieux de l’économie algérienne, entre croissance solide à court terme et fragilités persistantes.

Pour l’année 2025, la croissance économique est restée « robuste », selon le FMI, portée par d’importants investissements et estimée à 3,9 %. La croissance du secteur des hydrocarbures est restée modérée, tandis que l’inflation a augmenté depuis septembre 2025, tirée notamment par la hausse importante du prix des bijoux et par une progression plus modérée des prix alimentaires.

Une croissance solide, des déficits persistants

À court terme, les perspectives demeurent « globalement positives ». Le FMI prévoit une croissance du PIB de 3,8 % en 2026, soutenue par la hausse des prix des hydrocarbures, qui devrait augmenter les exportations algériennes et les recettes budgétaires. L’inflation devrait toutefois « s’accélérer temporairement », tandis que le déficit extérieur devrait diminuer sous l’effet combiné de la hausse des prix des hydrocarbures et du recul des importations.

Le déficit budgétaire, en revanche, devrait rester élevé. Après avoir diminué à 10,5 % du PIB grâce aux dividendes élevés et ponctuels des entreprises publiques et de la Banque d’Algérie, ainsi qu’à l’augmentation des recettes hors hydrocarbures, il pourrait repartir à la hausse. Cette évolution risquerait d’alourdir la dette publique et de réduire progressivement les réserves internationales du pays.

Selon le FMI, les perspectives économiques de l’Algérie restent exposées à la volatilité des prix des hydrocarbures, à la persistance de déficits élevés et aux liens financiers importants entre l’État, les entreprises publiques et les banques publiques. L’institution met également en garde contre le recours prolongé au financement monétaire, qui pourrait fragiliser la stabilité des prix et la crédibilité de la politique économique.

Le change et le secteur privé au cœur des recommandations

Le FMI recommande aux autorités algériennes de consolider le budget par la mobilisation de nouvelles recettes hors hydrocarbures et la rationalisation des dépenses, tout en évitant le financement monétaire. Il préconise également une politique monétaire plus restrictive si l’inflation persiste, ainsi qu’une plus grande flexibilité du taux de change afin d’améliorer la capacité de l’économie à absorber les chocs extérieurs.

L’institution appelle aussi à améliorer le fonctionnement du marché formel des devises, alors que la prime de change sur le marché parallèle demeure élevée malgré les mesures introduites par la Banque d’Algérie. Elle recommande par ailleurs d’élargir l’assiette fiscale, de renforcer le respect des obligations fiscales et de réduire l’informalité par la numérisation et des contrôles plus stricts.

Pour soutenir le secteur privé, le FMI plaide enfin pour une amélioration du climat des affaires et une concurrence plus équitable entre les entreprises publiques et privées. L’institution a également salué le retrait de l’Algérie de la liste grise du Groupe d’action financière, intervenu le 19 juin lors d’une réunion du GAFI au siège de l’OCDE à Paris.

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