Tchad : polémique après des accusations de l’ONU sur des bombardements dans la région du lac

Tchad : polémique après des accusations de l’ONU sur des bombardements dans la région du lac© RS
Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement tchadien, Gassim Chérif Mahamat.
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Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a appelé à l’ouverture d’enquêtes après des frappes attribuées aux armées tchadienne et nigériane dans le nord-est du Nigeria, ayant causé de nombreuses victimes civiles selon l’ONU. N’Djamena rejette ces accusations et affirme n’avoir visé que des combattants de Boko Haram.

Le Tchad réfute fermement les accusations du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme concernant des bombardements ayant touché des civils dans la région du lac Tchad, à la frontière entre le Tchad et le Nigeria.

Dans un communiqué publié le 13 mai, le Haut-Commissaire Volker Türk s’est dit « alarmé et attristé » par des frappes aériennes survenues le 10 mai dans le nord-est du Nigeria. Selon l’ONU, ces opérations, attribuées aux armées tchadienne et nigériane, auraient visé des îles isolées connues pour abriter des groupes armés, faisant une centaine de morts civils, principalement des pêcheurs.

L’organisation onusienne appelle les deux pays à mener des « enquêtes rapides, approfondies, indépendantes et impartiales » afin de faire la lumière sur ces événements.

Depuis le début du mois de mai, la région du lac Tchad connaît une recrudescence d'attaques attribuées à Boko Haram, qui ont causé des pertes civiles et militaires, selon des sources locales. L’armée tchadienne affirme de son côté avoir lancé des opérations de ratissage et de bombardement le 8 mai pour neutraliser les terroristes, en coordination avec les forces nigérianes.

Le Tchad rejette les accusations de l'ONU

Face aux accusations de l’ONU, les autorités tchadiennes rejettent toute responsabilité dans des frappes ayant touché des civils. Le gouvernement affirme disposer de capacités de ciblage permettant de distinguer les groupes armés des populations civiles.

« Nous avons toujours veillé à ce que les civils soient épargnés, il n’y a aucun civil qui est mort dans ces attaques-là », a déclaré Gassim Chérif Mahamat, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, assurant que N’Djamena se dit ouvert à la perspective d'une enquête internationale.

De son côté, l’armée nigériane affirme avoir visé une « structure terroriste confirmée », occupée selon elle exclusivement par des combattants représentant une menace directe pour les populations civiles.

La région du lac Tchad, vaste zone marécageuse parsemée d’îles difficiles d’accès, reste depuis près de deux décennies un bastion de groupes jihadistes, notamment Boko Haram et l’organisation État islamique en Afrique de l’Ouest (Iswap). Les opérations militaires menées dans ce territoire sont régulièrement entachées d’accusations de bavures, dans un conflit où les populations civiles se retrouvent fréquemment prises au piège des affrontements.

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