La RDC s’apprête à accueillir ses premiers expulsés des États-Unis

La RDC s’apprête à accueillir ses premiers expulsés des États-Unis© Unsplash / Kaysha
Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo. [Photo d’illustration]
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La RDC doit recevoir cette semaine un premier groupe de plus de 30 personnes expulsées par les États-Unis, selon plusieurs sources citées par Reuters le 14 avril. Ces migrants, originaires de pays tiers seront les premiers transférés vers Kinshasa dans le cadre d’un accord conclu avec Washington, suscitant de vives critiques.

La République démocratique du Congo (RDC) s’apprête à accueillir, d’ici la fin de la semaine, un premier contingent de migrants expulsés par les États-Unis, marquant une nouvelle étape dans la politique migratoire de Washington visant à accélérer les éloignements vers des pays tiers.

Selon quatre sources citées par Reuters dans un article publié le 14 avril, plus de 30 personnes doivent être transférées vers Kinshasa. Le nombre exact diverge selon les interlocuteurs : l’un évoque 37 expulsés, un autre 45. Tous ne sont pas de nationalité congolaise. Au moins une partie d’entre eux proviendrait d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud, selon une source proche du dossier ainsi que des documents judiciaires américains.

Ce transfert constitue la première application concrète de l’accord annoncé le 5 avril entre les autorités congolaises et l’administration Trump, après des négociations révélées quelques jours plus tôt. Cet accord permet à la RDC de recevoir des ressortissants de pays tiers expulsés du territoire américain.

Un contexte diplomatique sensible

Le calendrier de cette opération intervient dans un contexte diplomatique particulièrement sensible. Washington tente de soutenir un accord de paix entre la RDC et le Rwanda afin de mettre fin aux violences dans l’est du pays, où les rebelles du M23, soutenus par Kigali selon Kinshasa, poursuivent leurs offensives. Le conflit a déjà fait des milliers de morts et provoqué le déplacement de centaines de milliers de personnes.

Parallèlement, les deux pays ont récemment signé un partenariat stratégique offrant aux États-Unis un accès préférentiel aux minerais critiques congolais, un enjeu majeur dans la compétition mondiale pour les ressources stratégiques.

Un dispositif encore flou

Les migrants devraient être hébergés temporairement dans un hôtel proche de l’aéroport de Kinshasa, pour une durée de 10 à 15 jours. Aucun plan à long terme n’a été précisé. Ils pourront circuler librement, tandis que la sécurité sera assurée par la police congolaise et une société privée.

Ni Washington ni Kinshasa n’ont précisé combien de personnes pourraient, à terme, être transférées vers la RDC dans le cadre de cet accord. Le gouvernement congolais avait auparavant souligné qu’il n’engagerait aucune dépense financière pour la mise en œuvre de ce dispositif.

Des critiques croissantes

L’opération suscite déjà de nombreuses critiques. Des organisations de défense des droits humains et des experts juridiques dénoncent la pratique consistant à expulser des migrants vers des pays dont ils ne sont pas ressortissants, pointant les incertitudes sur la base légale de ces transferts ainsi que sur le respect des protections judiciaires accordées à certains migrants.

Plusieurs précédents existent déjà sur le continent africain, notamment au Ghana, au Cameroun et en Guinée équatoriale, où des transferts similaires avaient provoqué la controverse.

L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) devrait fournir une assistance humanitaire après l’arrivée des migrants, à la demande des autorités congolaises. L’organisation a toutefois précisé qu’elle n’intervenait pas dans le processus d’expulsion lui-même, géré exclusivement par les deux gouvernements.

Reuters a par ailleurs identifié au moins quatre migrants dont les avocats ont été informés d’une expulsion imminente vers la RDC. Ils sont originaires de Colombie, du Pérou, du Chili et du Guatemala. Parmi eux figure un ressortissant péruvien qui, bien que débouté de sa demande d’asile, bénéficiait d’une protection judiciaire contre un retour dans son pays d’origine en raison de risques de persécution.

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