RDC : les prix du carburant sous pression à cause de la guerre au Moyen-Orient
© X / JöÀ cause de la fermeture du détroit d’Ormuz, les automobilistes congolais ont du mal à s’approvisionner à la pompe et ont vu le prix du litre de carburant grimper en flèche. Une situation qui souligne la vulnérabilité du pays aux tensions internationales.
Les propriétaires congolais de véhicules avaient souffert de la pénurie de carburant qui a touché Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo. La situation n’est guère meilleure en ce mois d’avril vu la rareté de plus en plus ressentie du carburant. À titre comparatif, le litre de carburant se vendait entre 4 000 et 5 000 francs congolais à la fin mars sur le marché parallèle, alors qu’il n’était que de 3 000 francs congolais quelques jours auparavant, rapporte RFI ce 12 avril. Si cette hausse aiguë et rapide des prix n’a duré que quelques jours, elle a cependant mis en exergue la vulnérabilité du pays aux tensions provoquées par la guerre au Moyen-Orient.
Alerte sur un choc pétrolier mondial depuis début mars
Dans une tribune publiée le 2 mars dernier, le ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, avait alerté des « graves conséquences économiques » de la guerre au Moyen-Orient pour de nombreux pays, dont la République démocratique du Congo. La fermeture du détroit d’Ormuz, ce point de passage stratégique pour le commerce mondial de l’énergie par lequel transitent entre 20 % et 25 % de la consommation mondiale de pétrole, a confirmé cette prévision, avec une flambée soudaine des prix du pétrole.
Outre le carburant, le ministre avait indiqué une explosion du coût de la vie, portée par une inflation importée. Pour le secteur minier, un pan de l’économie congolaise fortement dépendant du carburant pour alimenter les engins d’extraction, l’impact serait tout aussi grave et significatif.
Défaut structurel du secteur pétrolier congolais
Bien qu’elle figure parmi les pays producteurs de brut, la RDC ne dispose d’aucune structure industrielle de raffinage de pétrole. Ce fait place le pays dans une situation de forte dépendance aux importations de carburant, car contraint d’importer la totalité des dérivés pétroliers raffinés.
S’exprimant sur cette problématique, quelques jours plus tôt, le ministre congolais du Commerce extérieur Julien Paluku a souligné la nécessité de la mise en place d’une transformation locale du brut, une mesure qui pourrait permettre, une fois réalisée, de limiter les répercussions économiques de la fermeture du détroit d’Ormuz. Pour sa part, le gouvernement congolais a tenté de se montrer rassurant en appelant les opérateurs pétroliers à l’apaisement et en indiquant que le pays dispose d’un stock de carburant de deux mois.
Mesures dérogatoires pour maintenir l’approvisionnement en carburant
Dès la fin mars dernier, la Premier ministre Judith Suminwa avait instruit le vice-premier ministre en charge de l’Économie nationale, la ministre d’État en charge des Hydrocarbures et le ministre des Finances « de suspendre, pour une durée de 45 jours, le principe de plafonnement du différentiel de transport », la décision devait « anticiper les conséquences de la crise internationale sur l’économie congolaise ».
D’autres dispositions dérogatoires et limitées dans le temps devaient assurer la maîtrise du choc exogène lié à la guerre au Moyen-Orient, alléger les charges sur les produits pétroliers aux frontières, assurer l’effectivité du transit des produits pétroliers en provenance du Kenya et de la Tanzanie et contrôler le fret et les assurances dans la fixation du prix moyen frontière (PMF). Toutes ces mesures s’inscrivent en fait dans une approche anticipative et coordonnée dont la finalité est de tenter d’atténuer les effets des tensions internationales et de préserver la stabilité macroéconomique du pays.
Il convient de noter qu’à l’instar de la RDC, plusieurs pays africains subissent les répercussions de la fermeture du détroit d’Ormuz, notamment à cause de leur dépendance aux importations d’énergie, avec des pénuries notables de carburant et des hausses de prix.