Uranium : l'augmentation de la demande mondiale ouvrira une nouvelle ère d’opportunités pour l’Afrique

Uranium : l'augmentation de la demande mondiale ouvrira une nouvelle ère d’opportunités pour l’Afrique© Pixabay / JamesQube
Centrale nucléaire [Photo d'illustration]
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Portée par la relance mondiale du nucléaire, la demande d’uranium devrait fortement croître dans les prochaines décennies, creusant un déficit d’approvisionnement. Avec près de 20% des réserves mondiales connues, l’Afrique apparaît comme un acteur clé potentiel, à la croisée d’enjeux miniers, énergétiques et géopolitiques.

Réunis au Cap du 9 au 12 février à l’occasion de la conférence minière Mining Indaba, les acteurs du secteur ont affiché leur optimisme face à la montée en puissance annoncée du nucléaire civil. Loyiso Tyabashe, directeur général de la South African Nuclear Energy Corporation, a dressé un constat sans équivoque : le monde compte aujourd’hui environ 400 réacteurs nucléaires, un chiffre qui pourrait dépasser les 1 000 unités dans les vingt-cinq prochaines années.

Une telle expansion entraînerait mécaniquement une forte hausse de la demande en uranium, principal combustible des centrales. Selon l’Association nucléaire mondiale, celle-ci pourrait passer de 67 000 tonnes actuellement – un niveau globalement couvert par la production – à près de 150 000 tonnes d’ici quinze ans. Un déficit significatif se profile donc à l’horizon.

Dans ce contexte, l’Afrique dispose d’atouts majeurs. Le continent abriterait plus d’un million de tonnes de réserves connues, soit environ 20 % du total mondial. Des gisements importants sont localisés en Namibie, au Niger et en Tanzanie, tandis que l’Afrique du Sud produit également de l’uranium à plus petite échelle.

Longtemps pénalisé par des prix bas, le secteur a toutefois souffert d’un manque d’investissements ces dernières années. Au Niger, le vaste gisement d’Imouraren – estimé à 200 000 tonnes – n’a jamais été exploité par le groupe français Orano, dont le permis a depuis été retiré. La faiblesse des cours avait freiné le lancement du projet.

L'uranium : une opportunité pour l'Afrique

Aujourd’hui, la donne pourrait changer. Scott Melbye, président exécutif d’Uranium Energy Corp., voit dans la situation actuelle « une énorme occasion pour les producteurs africains », d’autant que le principal producteur mondial, le Kazakhstan, occupe une position géopolitique sensible entre la Chine et la Russie.

Les ressources africaines restent par ailleurs sous-explorées. « Il y a beaucoup de potentiel », souligne William Mason, analyste chez S&P Global Market Intelligence. Il prévient toutefois que le développement de nouvelles mines dépendra des coûts de production, souvent plus élevés en raison du déficit d’infrastructures et des risques politiques perçus.

Au-delà de l’enjeu minier, l’uranium représente aussi un levier stratégique pour les ambitions énergétiques africaines. Sur un continent où près de la moitié des 1,2 milliard d’habitants n’a pas un accès fiable à l’électricité, plusieurs États envisagent le nucléaire comme solution structurelle.

L’Afrique ne compte actuellement qu’une seule centrale nucléaire en activité : Koeberg, située près du Cap, d’une capacité de 1 800 mégawatts, mise en service dans les années 1980. Mais Pretoria prévoit d’ajouter 5 200 MW supplémentaires d’ici 2040, pour presque tripler sa capacité actuelle.

Plus au nord, l’Égypte construit sa première centrale nucléaire avec le groupe russe Rosatom, un complexe de quatre réacteurs totalisant 4 400 MW. D’autres pays, comme le Ghana ou le Kenya, se trouvent à des stades avancés de planification, tandis que la Namibie, le Zimbabwe ou le Rwanda étudient également des projets.

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