Somalie : démenti du Somaliland sur l’implantation d’une base israélienne et la réinstallation de Palestiniens
© Farah Abdi Warsameh Source: APLe Somaliland a formellement nié, le 1ᵉʳ janvier, toute acceptation d’une base militaire israélienne ou de la réinstallation de Palestiniens en échange de la reconnaissance de son indépendance par Israël. Ce démenti intervient alors que la Somalie et plusieurs acteurs régionaux dénoncent cette reconnaissance comme une menace pour la stabilité.
La reconnaissance du Somaliland par Israël, annoncée le 28 décembre 2025, continue de susciter des tensions dans la région. Le président somalien Hassan Sheikh Mohamud avait affirmé que cette reconnaissance était conditionnée à trois mesures : l’installation de Palestiniens, l’établissement d’une base militaire et l’adhésion aux accords d’Abraham. Ces accusations ont été démenties, le 1er janvier, par le ministère des Affaires étrangères du Somaliland, qui a qualifié ces allégations de « mensongères ».
The Government of the Republic of Somaliland firmly rejects false claims made by the President of Somalia alleging the resettlement of Palestinians or the establishment of military bases in Somaliland.
— MFA Somaliland (@somalilandmfa) January 1, 2026
Pour le Somaliland, qui s’est autoproclamé indépendant en 1991, cette reconnaissance représente un jalon historique. Des rassemblements ont eu lieu dans plusieurs villes, notamment à Hargeisa, où des milliers de personnes ont célébré l’événement aux côtés du drapeau israélien.
Une reconnaissance dénoncée par la communauté internationale
Cependant, la Somalie, l’Union africaine, la Ligue arabe et la Chine ont dénoncé cette reconnaissance. Le président somalien a parlé de « violation de la souveraineté nationale » et averti qu’elle pourrait déstabiliser la région et encourager les groupes extrémistes. Les Houthis du Yémen ont également déclaré que toute présence israélienne dans la région serait considérée comme une cible militaire.
À l’ONU, les États-Unis ont défendu le droit d’Israël à reconnaître le Somaliland, tandis que plusieurs États et groupes — dont le A3+, qui regroupe l’Algérie, la Somalie, la Sierra Leone et le Guyana — ont condamné cette décision, estimant qu’elle viole la Charte des Nations unies et menace la stabilité régionale. La Turquie, alliée stratégique de la Somalie, a qualifié cette reconnaissance de « manifeste ingérence dans les affaires intérieures somaliennes ».