Russie

La Russie inculpe pour «génocide» le vétéran nazi ovationné au Parlement canadien

Le Comité d'enquête de la Fédération de Russie a annoncé ce 20 octobre avoir inculpé par contumace Yaroslav Hunka, vétéran nazi canado-ukrainien, pour «génocide» de civils sur le territoire ukrainien au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Yaroslav Hunka, l’ancien combattant nazi ovationné en septembre au Parlement canadien lors de la visite de Volodymyr Zelensky, a été inculpé par contumace pour «génocide de civils sur le territoire de la République socialiste soviétique d'Ukraine» durant la Seconde Guerre mondiale, a indiqué ce 20 octobre le Comité d'enquête de la Fédération de Russie sur sa chaîne Telegram.

Grâce à des archives, notamment du ministère russe de la Défense, le Comité explique avoir retracé l’itinéraire de la 14e division SS (galicienne n°1), ou division «Galicie», à laquelle appartenait Yaroslav Hunka.

«Entre le 23 et le 28 février 1944, Hunka et d’autres personnes de l’unité susmentionnée, exécutant les ordres criminels de leurs commandants supérieurs, alors qu’ils se trouvaient dans le village de Huta Peniatska (un ancien village sur le territoire du district de Brodsky de la région de Lvov de la RSS d’Ukraine), ont commis le meurtre d’au moins 500 citoyens de l’URSS», relate le Comité dans son communiqué

Au moins 500 civils tués par l’unité de Hunka

«Des Juifs et des Polonais figuraient parmi les victimes. Des gens ont été abattus, brûlés dans des immeubles résidentiels, ainsi que dans l’église» poursuivent les enquêteurs, qui précisent que «ces actions constituent une violation de la Convention sur les lois et coutumes de la guerre sur terre (La Haye, 18 octobre 1907)».

Ces derniers indiquent également avoir demandé l'aide du Canada, de la Pologne et de la Biélorussie pour leur enquête. Le 26 septembre, en vue d’une possible demande d’extradition, le ministre polonais de l’Education avait annoncé avoir demandé une enquête afin de vérifier si l’ancien soldat nazi n’avait pas commis de crimes en Pologne.

Le 22 septembre à Ottawa, présenté par le président de la Chambre des communes comme «un Canadien ukrainien, vétéran de la Seconde Guerre mondiale qui a combattu contre les Russes pour l'indépendance de l'Ukraine», Yaroslav Hunka avait été ovationné par toute l’assemblée, dont le Premier ministre Justin Trudeau et le président ukrainien Volodymyr Zelensky. L’hommage s’est finalement transformé en scandale, après que les années de service de Yaroslav Hunka au sein de la Waffen SS aient été mis en lumière par le Centre des amis de Simon Wiesenthal. Face au tollé, le président de la Chambre, Anthony Rota, avait démissionné.

«C’est absolument dégoûtant que tout le monde ait applaudi ce nazi, en particulier le président de l’Ukraine, qui a du sang juif dans les veines», avait déclaré début octobre Vladimir Poutine lors de la session plénière du Club de discussion international de Valdaï. «Le président de l’Ukraine s’est levé et a applaudi un nazi qui a assassiné des Juifs. N’est-ce pas un signe de la nazification de l’Ukraine ?», avait poursuivi le président russe, qualifiant au passage Anthony Rota d’«idiot» pour ne pas avoir compris pour qui se battait Yaroslav Hunka.