International

Vers un réaménagement des rapports de force ? Bruno Drweski sur l'intervention russe en Ukraine

Au lendemain d'une série d'opérations militaires sur le sol ukrainien, l'historien Bruno Drweski a livré son analyse du développement de la situation dans la région. Selon lui, «on assiste très certainement à un réaménagement des rapports de force».

A l’antenne de RT France ce 25 février, l’historien Bruno Drweski a confié son point de vue sur les récents rebondissements du dossier ukrainien, et plus précisément sur l’intervention militaire qu’a entamée l’armée russe dans le pays au cours de la nuit du 23 au 24 février.

«Je ne vois pas pourquoi la Russie chercherait à s'enliser en Ukraine […] Je pense que l’idée est de faire une guerre courte [pour] casser les capacités militaires [ukrainiennes] pour ensuite se retirer sûrement dans les frontières des deux régions du Donbass mais sans [pour autant] aller plus loin. C’est mon hypothèse, mais en même temps, j’ai quand même été très surpris par la virulence de la décision de Vladimir Poutine et il est possible que certains éléments m’échappent», a notamment analysé avec réserve Bruno Drweski, selon qui l’intervention militaire russe de la veille pourrait en partie s’expliquer par de récents propos du président ukrainien sur l’éventuelle reconstitution d’une force nucléaire dans son pays. «Une goutte d'eau qui a fait déborder un vase déjà très plein», a-t-il estimé. 

On assiste très certainement à un réaménagement des rapports de force

L’historien s’est également exprimé sur les enjeux liés aux potentiels mouvements de population dans la région, ainsi que sur les multiples tractations occidentales en cours sur le plan international après les opérations militaires russes de la veille. «On assiste très certainement à un réaménagement des rapports de force», a encore considéré ce professeur à l'Institut national des langues et des civilisations orientales (Inalco), spécialiste du monde slave.

Enfin, Bruno Drweski a donné son point de vue sur les conditions qui pourraient selon lui apaiser la situation, soulignant les préoccupations de la Russie quant à une potentielle adhésion de l'Ukraine à l'OTAN mais aussi l'installation de bases militaires qui la menaceraient depuis ce territoire. «La question est d'imaginer un mécanisme de sécurité collective qui ferait qu'aucun pays de la région ne se sente menacé», a-t-il estimé.

Vladimir Poutine a annoncé tôt le 24 février une opération militaire en Ukraine, qui vise selon lui à défendre les Républiques populaires autoproclamées de Donetsk et de Lougansk, dont il a reconnu l'indépendance trois jours plus tôt, mais aussi à «démilitariser et dénazifier l’Ukraine». Cette opération a été dénoncée notamment par les pays occidentaux, dont certains ont déjà annoncé de nouvelles sanctions. Elle a également fait, dans des capitales occidentales mais aussi en Russie, l'objet de manifestations de contestation.