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Facebook est-il plus tolérant avec les racistes qu'avec les seins nus ?

Un photographe allemand a voulu interpeller Facebook et dénoncer la politique du réseau social jugé trop sévère avec la nudité, mais tolérant avec les propos racistes.

Est-ce plus grave de montrer ses seins ou de poster des propos racistes sur un réseau social ? Pour Facebook, visiblement c’est le cas, estime le photographe allemand Olii Waldhauer. Ce dernier s’est fendu d’un cliché provocateur pour dénoncer le réseau social qui se montrerait trop conciliant avec les messages à caractère raciste, mais trop prude concernant la nudité.

Sur cette photo, on peut voir une femme, seins nus, debout derrière un homme qui tient une pancarte où est écrit un message raciste. Elle est légendée : «L’une de ces personnes viole les règles de Facebook».

A plusieurs reprises, la nudité a été pourchassée par le géant de Palo Alto qui efface systématiquement toute photo de nu. Même une photo de L’Origine du Monde, célèbre tableau de Gustave Courbet, avait été effacée. La campagne #freethenip [libère les tétons] avait même vu le jour, relayée par des célébrités, pour dénoncer cette pudeur de la société fondée par Mark Zuckerberg.

Surtout, le réseau social est accusé de se montrer trop laxiste envers les commentaires racistes. Le journal allemand Bild avait d’ailleurs mené une campagne provocante sur le sujet. Et une enquête a même été ouverte en Allemagne. En France aussi, plusieurs propos racistes tenus sur les réseaux sociaux, notamment à l’encontre de Christiane Taubira, avaient été condamnés par la justice, sans pour autant être retirés par les censeurs de Facebook.

Suite à la publication de sa photo, le photographe allemand avait écrit ce message : «Je veux que Facebook efface la photo pour son contenu raciste et non à cause de la nudité». C’est pourtant bien pour cette raison que la photo a disparu du réseau social deux heures après sa publication. Sauf que cette dernière avait été repérée par des internautes, qui l’ont, surtout en Allemagne, massivement partagée avec cette légende : #nippelstatthetze [des mamelons plutôt que du racisme].