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Jean Castex rencontre des soldats français de l'opération Barkhane dans le désert tchadien

Le Premier ministre Jean Castex est allé à la rencontre de petits contingents français stationnés sur des bases stratégiques au Tchad, d'abord à Faya-Largeau (nord) puis à Abéché (est), où il a salué «l'enthousiasme» des troupes.

Après avoir réveillonné le 31 décembre avec les soldats de la force antiterroriste Barkhane positionnés au camp Kosseï de N'Djaména, Jean Castex, accompagné de la ministre des Armées Florence Parly, s'est rendu le 1er janvier à Faya-Largeau, une oasis dans le désert où l'armée française maintient un détachement d'une trentaine d'hommes au Tchad.

Un lieu marqué par d'histoire, puisque c'est de là que les hommes de celui qui n'était alors que le colonel Leclerc se sont élancés en 1941 pour mener une campagne victorieuse qui permit de reprendre aux Italiens le fort de Koufra, où lui et ses hommes firent le serment de «ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la cathédrale de Strasbourg.»

Le Premier ministre a d'ailleurs rappelé l'implication «déterminante» des soldats tchadiens qui constituèrent à l'époque le gros des troupes, après le ralliement dès 1940 au général de Gaulle du Tchad, alors colonie française gouvernée par Felix Eboué.

Faya-Largeau occupe désormais une position stratégique tournée vers la frontière libyenne, à 400 km de là, avec sa piste d'atterrissage dont le bandeau de bitume éprouvé par le temps s'étend au milieu de nulle part.

Le chef du gouvernement en a profité pour déjeuner avec quelques soldats avant d'aller observer la palmeraie et les environs en haut d'une dune surplombant la ville.

Il s'est ensuite rendu à Abéché, deuxième ville du pays non loin de la frontière soudanaise, où là aussi réside un contingent d'une trentaine de soldats français. L'endroit est un important verrou militaire : c'est en le conquérant en 1990 que l'actuel président Idriss Déby s'est ouvert la route de N'Djaména et du pouvoir.

Une mission contestée

A l'issue de cette visite éclair au Tchad, surtout destinée à marquer son soutien aux soldats, Jean Castex s'est dit «touché» par «l'enthousiasme» des militaires. Le Premier ministre a, sur Twitter, établi un parallèle entre l'histoire glorieuse des hommes de Leclerc et la mission ceux de Barkhane : «L’honneur des militaires de la force Barkhane qui ont hérité de leur courage, de leurs valeurs et de leur sens du devoir.»

«Bien sûr ils font une mission compliquée, dangereuse, éminemment utile, mais ça va au-delà», a-t-il insisté en saluant le «savoir-faire» des forces de Barkhane engagées dans la lutte antiterroriste au Sahel, trois jours après le décès de trois soldats français tués par un engin explosif dans la région de Hombori.

Des morts qui ont relancé les contestations autour de l'opération. Ainsi, sur Twitter, Jean-Luc Mélenchon avait alors demandé un débat sur cet engagement militaire : «Quand aurons-nous le débat parlementaire et le vote sur la raison et l'utilité de notre présence là-bas ?»

Sur RT France, le blogueur spécialiste de l'Afrique Makaila Nguebla estime que «la présence de l'armée française [au Tchad] est inutile car il n'y a pas de terroristes au Tchad».

Le 11 décembre, le général français François Lecointre avait rencontré les autorités maliennes pour dresser un bilan presque un an après le sommet de Pau (sud-ouest de la France) qui avait réorienté la stratégie française dans la région. Il avait alors «essayer de tracer […] ce que pourraient être les évolutions ultérieures de l'engagement français [au Sahel] et de l'engagement international».

Le chef d'Etat-Major français s'était ainsi entretenu avec les nouveaux responsables militaires et politiques maliens, poursuivant le bilan de l'action de son pays au Sahel et abondant la réflexion sur les «évolutions ultérieures» de cet engagement.