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«Rien n'a été signé» : une responsable serbe conditionne le transfert de l'ambassade à Jérusalem

Après l'annonce du transfert de l'ambassade serbe à Jérusalem émise par Donald Trump, une haute responsable serbe vient de jeter un doute sur ce déménagement. Elle a semblé conditionné cette décision au comportement d'Israël vis-à-vis du Kosovo.

Une responsable serbe a jeté le doute le 9 septembre sur l'éventualité d'un déménagement de l'ambassade de Serbie à Jérusalem, déclarant que la décision n'était «pas définitive» quelques jours après l'annonce de ce transfert par le président américain Donald Trump.

Israël est en effet apparu comme le gagnant inattendu d'un sommet organisé le 4 septembre à la Maison Blanche entre la Serbie et le Kosovo, son ancienne province dont elle n'a jamais reconnu l'indépendance proclamée en 2008. Lors de la rencontre, Donald Trump a annoncé que le Kosovo avait accepté de reconnaître l'Etat hébreu et que la Serbie allait déménager son ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'était aussitôt réjoui que la Serbie devienne le premier pays européen à accepter de transférer sa représentation dans la Ville sainte et emboîter ainsi le pas aux Etats-Unis.

Le président américain avait présenté cette décision comme une affaire conclue mais le 9 septembre, la principale conseillère médias du président serbe Aleksandar Vucic, a déclaré qu'il ne s'agissait pas d'une «décision définitive».

«Pour l'instant, nous n'avons rien accepté, rien n'a été signé», a déclaré Suzana Vasiljevic à la presse locale. «Nous allons suivre l'évolution de la situation, et le comportement d'Israël s'agissant de ses relations avec le Kosovo», a-t-elle ajouté.

Un déménagement conditionné ?

Le ministère serbe des Affaires étrangères n'a pas répondu dans l'immédiat aux sollicitations de l'AFP.

La presse israélienne a également cité le 9 septembre une source anonyme «proche» du président serbe selon laquelle Belgrade ne transférerait pas son ambassade si Israël reconnaissait le Kosovo. Cette reconnaissance avait en effet été présentée comme une victoire pour le Kosovo, reconnu par les Etats-Unis et plusieurs pays occidentaux comme la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni ou encore le Canada mais pas par Belgrade soutenu par la Chine et la Russie. Parmi les autres pays opposés à cette indépendance se trouvent également l'Espagne, la Grèce, l'Argentine et l'Inde.

Le sommet à la Maison Blanche était consacré officiellement à la «normalisation économique» entre Belgrade et Pristina mais l'émissaire de Donald Trump pour ce dossier territorial et politique sensible, Richard Grenell, avait annoncé des «surprises». L'accord économique entre les deux anciens ennemis d'une guerre qui avait fait plus de 13 000 morts (1998-99) a été présenté comme «historique» par le président américain. D'après certains analystes cependant, les décisions annoncées n'étaient pas nouvelles ou ne contenaient pas d'avancées majeures.

Des doutes sur le transfert de l'ambassade de Serbie en Israël ont émergé avec une vidéo, devenue virale, montrant le président serbe semblant surpris au moment de l'annonce de Donald Trump.

Aleksandar Vucic a ensuite expliqué qu'il avait uniquement réagi à la date annoncée pour l'événement : juillet 2021.

Alors que la Serbie est candidate à l'adhésion à l'Union européenne (UE), Bruxelles a exprimé sa «grave préoccupation» face à l'annonce de l'éventuel transfert de la représentation serbe. L'UE est attachée à une solution à deux Etats dans laquelle Jérusalem serait la capitale à la fois d'Israël et d'un futur Etat palestinien.