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Caractère obligatoire, utilité, effets... Les «anti-masque» se mobilisent dans le monde

Dans plusieurs pays, des groupes de citoyens et associations manifestent depuis plusieurs jours contre le port du masque rendu obligatoire sous peine d'amende. Ils mettent en question son efficacité et alertent sur sa potentielle dangerosité.

Plusieurs manifestations ont eu lieu en ce mois de juillet à travers le monde contre la généralisation du port du masque obligatoire, notamment dans les transports en commun et les lieux publics, dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19. En Angleterre, au Canada mais aussi aux Etats-Unis, des associations et des mouvements de citoyens ont fait entendre leur opposition à cette récente obligation.

Des manifestations dans les pays anglophones

Rendu obligatoire dans tous les lieux clos ce 20 juillet en France, le port du masque sera également imposé dans les magasins et les supermarchés en Angleterre dès le 24 juillet, sous peine d'une amende de 100 livres sterling (environ 115 euros). De quoi rendre furieux une centaine de personnes du mouvement «Keep Britain Free», qui se sont rassemblées à Londres le 19 juillet lors d'une manifestation anti-masque. «Il s'agit d'un choix politique et non de santé publique», a estimé l'une des représentantes du mouvement, dans une vidéo publiée par le journal britannique The Sun. Certains protestataires arboraient sur eux ou sur des pancartes des slogans tels que : «Flu world order» [l'ordre mondial de la grippe], «l'amour triomphe de la peur» ou «2020 est le nouveau 1984» en référence à l'ouvrage de George Orwell.

Si le masque est rassurant pour certains, d'autres interrogent son utilité et ses effets, comme au Canada, où son port est obligatoire depuis le 18 juillet. «C'est pour contester contre toutes les lois et les abus que le gouvernement se donne droit», a déclaré dans une vidéo publiée le même jour par la journaliste Audrey Paris du média ICI Québec, l'un des manifestants de la ville de Saint-Georges, dans la province du Québec, portant le message suivant sur le devant de son t-shirt : «Quand finira cette mascarade ?»

«Nous ne laisserons pas les masques devenir la norme car en porter de façon prolongée peut-être dangereux pour la santé et la plupart n'apportent pas de protection», a déclaré l'un des soutiens de l'organisation de la «Marche pour démasquer», qui a coordonné des manifestations hostiles au caractère obligatoire du masque dans plusieurs grandes villes du pays, rapporte RTL.

Des rassemblements similaires se poursuivent au Canada, comme dans la ville de Winnipeg, où une vingtaine de personnes ont protesté le 19 juillet devant le palais législatif  pour dénoncer le port obligatoire du masque, d'après Radio-Canada.

Aux Etats-Unis, où le président Donald Trump est apparu pour la première fois publiquement le 11 juillet avec un masque, des manifestations anti-masque ont lieu depuis le mois de mai, malgré les plus de 3,8 millions de contaminations confirmées aujourd'hui et 143 000 personnes décédées. S'il n'y a pas de régulation fédérale, plus d'une vingtaine d'Etats américains ont mis en vigueur l'obligation du masque. C'est le cas en Floride, l'un des Etats les plus touchés du pays, où des habitants du comté de Martin (sud-est) se sont rassemblés le 12 juillet pour dénoncer un arrêté qui rend le masque obligatoire dans les entreprises et les lieux publics, selon le site d'actualité HuffPost.

Les masques, nids à spéculations sur les réseaux sociaux

Denrées recherchées au début de la pandémie, les masques suscitent désormais dans le monde entier une avalanche de fausses allégations sur les réseaux sociaux, se voyant accusés d’être inutiles, d'empêcher de respirer voire d'empoisonner au dioxyde de carbone.

Parfois exposées dans des vidéos, souvent présentées sous forme de listes de dangers supposés, ces publications cherchent à dissuader – de façon explicite ou indirectement – les lecteurs de porter des masques de protection. Certaines n'hésitent pas à affirmer qu'ils mettent la vie en danger.

Parmi les effets nocifs du port du masque cités par ses détracteurs, on dénombre le manque d'oxygène chez le porteur ou l'empoisonnement au dioxyde de carbone. Les masques sont souvent considérés comme «nid» ou «usine» à virus par les opposants. Quant au milieu scientifique et les professionnels de la santé, cités par plusieurs médias, ils rejettent ces critiques et dénoncent des «infox». Agences sanitaires et communauté médicale dans le monde rappellent régulièrement que le port du masque est une mesure utile pour limiter la propagation du virus, en plus des autres mesures barrières.